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Le Conseil fédéral avance sur un fil

«La Suisse est riche, nous ne laisserons personne de côté.» Ainsi parlait Simonetta Sommaruga le 15 mars, dans les colonnes du «Matin Dimanche». Un mois de semi-confinement plus tard, le Conseil fédéral se voit contraint à davantage de modestie. Guy Parmelin, le ministre de l’Économie, l’a admis jeudi à Berne: «Nous ne pouvons pas satisfaire tout le monde.» Des cafetiers-restaurateurs aux organisateurs d’événements culturels en passant par les prestataires du tourisme, nombreux sont ceux qui se demandent encore s’ils vont pouvoir sauver les meubles.

Trouver la bonne réponse à la crise du coronavirus s’avère extraordinairement périlleux. Le défi est à la fois sanitaire – protéger la population – et économique. Le gouvernement l’a d’ailleurs reconnu d’emblée, il n’y arrivera pas tout seul. Chacun de nous doit contribuer à l’effort de la nation en respectant les directives de sécurité.

Or ce message essentiel perd de sa limpidité avec l’assouplissement désormais annoncé: la Suisse autorise la reprise progressive des activités commerciales, tout en maintenant l’obligation de distance sociale et l’interdiction des rassemblements de plus de cinq personnes. Allez expliquer à vos enfants qu’ils pourront bientôt retourner à l’école et vous accompagner chez le pépiniériste, mais pas voir leurs grands-parents ni jouer au foot avec leurs copains…

Si la stratégie du gouvernement a porté ses fruits jusqu’à présent, le plus difficile reste donc à venir. Desserrer l’étau, permettre ce retour tant attendu à la vie normale, sans pour autant provoquer un relâchement des habitudes acquises. Le danger est de donner l’impression que le pire est derrière nous. Sans l’adhésion de la population, la courbe des infections pourrait repartir à la hausse et obliger les autorités à faire machine arrière.

Le chemin que le Conseil fédéral emprunte à pas de loup ressemble à un pari risqué. Rien ne peut garantir que la réussite sera au rendez-vous. Outre les nombreuses vies humaines perdues, de lourds dégâts collatéraux seront à déplorer. L’exercice du pouvoir, quand les enjeux sont aussi sensibles, pousse à l’humilité.

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