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Le commerce mondial sans arbitre

Chaque été est propice aux crises financières, en particulier sur les taux de change. Mais cette fois, la panne de croissance pourrait bien venir des mesures protectionnistes prises par le gouvernement de Donald Trump. Malgré les protestations du G7 et l’opposition des industriels américains eux-mêmes, le président semble vouloir franchir la ligne rouge, en imposant à la Chine une hausse des tarifs douaniers sur tous les biens jugés très sensibles par Pékin. L’escalade n’est plus simplement verbale ou symbolique. C’est tout l’édifice fragile des échanges commerciaux qui est remis en cause par ces agissements unilatéraux.

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La planète commerciale vit sa plus grave crise de confiance depuis les années 1970, quand les États-Unis, très endettés par la guerre du Vietnam, abandonnèrent l’étalon-or. Si le repli protectionniste peut encore être évité, la confiance dans la solidité des institutions multilatérales, en particulier dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC), est gravement entamée. Non seulement la politique mercantiliste de Donald Trump menace de freiner les échanges commerciaux entre les nations, mais elle sape la légitimité d’une organisation qui fut créée à Genève pour éviter que les querelles commerciales ne dégénèrent en conflits ouverts et violents. L’OMC n’est pas le gendarme du commerce mais l’arbitre neutre vers qui les États, égaux en droit et en pouvoir, peuvent se tourner pour régler leurs différends.

L’unilatéralisme américain se heurtera au dirigisme chinois dans une confrontation qui pourrait prendre en otage l’avenir du commerce et déstabiliser les investissements. Il n’y aura aucun vainqueur mais que des perdants, notamment les emplois liés aux exportations. L’OMC, dernier cénacle où les décisions se prennent par consensus, pourrait ne pas s’en remettre alors que le monde n’a jamais eu autant besoin d’une gouvernance fondée sur la raison.

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