C’est notre assiette qui tue le tigre

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La sixième extinction de masse! Un million d’espèces sur huit sont menacées de disparition d’ici quelques décennies. Le cri d’alarme lancé lundi par des scientifiques vient s’ajouter aux mauvaises nouvelles du réchauffement climatique et de la dégradation de l’air que nous respirons.

Cette actualité a fait naître une nouvelle pathologie, l’écodéprime, aussi nommée solastalgie. Il n’y aurait pas de remède au mal. Déprimant, quoi! Certains s’en protègent en se disant «À quoi bon sauver le tigre ou la girafe de Nubie?» D’autres se sentent impuissants. Que faire, en effet, quand cela se joue à l’échelle de la planète? Il y a pourtant des solutions.

Bien sûr, il faudra que les États prennent des engagements à la prochaine Conférence de la convention sur la diversité biologique, en 2020 en Chine. Ils dépensent aujourd’hui 8 milliards de francs pour préserver la biodiversité alors qu’il en faudrait plus de 200. Mais leur inaction sur le climat nous rend peu optimistes. Cela ne suffira pas.

En fait, la solution se trouve en grande partie dans notre assiette. Depuis trente ans, l’élevage et la culture fourragère ont dévoré des milliers d’hectares de forêts. Or, par exemple, versant mammifères, c’est à 60% du bétail pour seulement 4% d’animaux sauvages. Le reste, c’est nous, l’humanité.

En mangeant moins de viande, on fait reculer la pression de l’élevage sur les forêts. Si on refuse en outre d’acheter des produits contenant de l’huile de palme – principale cause de la déforestation en Asie – et des primeurs produits par l’agriculture chimique, on sauve aussi l’abeille ou le tigre. En consommant moins de poissons, on peut enfin protéger la faune marine mise à mal par la surpêche industrielle. Car, oui, ce sont nos assiettes de pays riches qui tuent l’abeille, la girafe et le tigre. Or, en les sauvant, c’est un peu nous-mêmes que nous sauvons de l’extinction.

Créé: 06.05.2019, 21h17

Olivier Bot

Rédacteur en chef adjoint

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