Bus low cost, le mauvais calcul

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Trop cher, le train? Qu’ils prennent des cars low cost! Résumé outrageusement, c’est le raisonnement qui a prévalu lorsqu’il s’est agi d’octroyer les concessions permettant à la société Eurobus d’exploiter trois lignes nationales. Depuis dimanche, c’est une réalité. De Genève, les voyageurs peuvent rallier Zurich pour 23 francs à bord d’un car climatisé. Le voyage dure environ cinq heures et demie; mieux vaut ne pas être pressé.


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Pour beaucoup, cette ouverture aux compagnies de cars à bas prix mettra une petite pression sur les CFF. Peut-être. Mais comment ignorer les expériences des voisins européens? Quelques années après la libéralisation des transports interrégionaux, les résultats sont loin des attentes. En France, les pertes des sociétés qui se sont lancées sur ce marché se comptent encore en millions. Quant aux régions périphériques, elles souffrent de leur isolement croissant, conséquence de la chute des investissements publics dans l’offre ferroviaire.

Nous n’en sommes pas là, mais une brèche s’est ouverte. Et il faudrait être naïf pour croire que le développement du réseau s’arrêtera là. Pour preuve, Eurobus a déposé des demandes en vue d’exploiter sept lignes supplémentaires en Suisse. La demande des passagers est-elle si soutenue? Les prochains mois le diront. En attendant, les autocars à bas coût tournent à vide, ou presque. À Genève, ils empruntent les voies réservées aux transports publics pour rallier la gare routière, en plein centre depuis l’aéroport. Une hérésie à l’heure où les villes multiplient les efforts pour limiter le trafic motorisé, accorder la priorité aux transports publics et favoriser la mobilité douce. Quant aux autorités genevoises, elles n’ont pas l’intention de déplacer ces monstres de la route en périphérie. Au contraire, la gare routière sera conservée et même développée. Notre Canton a décidé d’ouvrir les routes de l’hypercentre à ces bus en brandissant un argument fort discutable: celui du «on n’a pas le choix».

Créé: 14.06.2018, 20h41

Luca Di Stefano, journaliste à la rubrique locale

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