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Les bouffons de la vitesse

La famille recomposée des chauffards s’agrandit. Deux nouveaux venus sur le territoire genevois et, après-demain, devant les tribunaux qui les jugeront pour leurs actes.

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Des actes commis sur la voie publique, au centre-ville, durant la même nuit, celle de samedi à dimanche, en confondant la chaussée avec un circuit automobile. Les véhicules impliqués – une Porsche 911 Carrera S, une Audi RS 3 – sont des «bolides» reconnus. Ils encouragent l’affirmation de soi par la vitesse. En additionnant la puissance des deux moteurs, on va sur la lune.

Sauf que l’on est dans l’espace public, entouré de gens respectueux des règles de la circulation, de piétons qui marchent sur les trottoirs, bref dans un environnement qui n’est pas conçu pour donner à ces conducteurs, souvent inexpérimentés, l’illusion foraine – il y a des manèges pour cela – d’être les rois du monde en mettant simplement le pied sur la pédale des gaz.

Après avoir semé l’effroi sur leurs trajets respectifs, après avoir blessé des gens et failli en tuer d’autres, les chauffards de ce week-end, comme c’est souvent le cas, ont perdu la maîtrise de leur engin et tenté de fuir. Comment? À pied! Le roi se transforme alors en bouffon, il prend ses jambes à son cou, sa calculette mentale additionnant, à toute vitesse elle aussi, les frais fixes de l’embardée sous alcool, les dettes à venir, le réapprentissage forcé des transports publics, en attendant son procès.

La place sinistrée que les auteurs laissent derrière eux impressionne. Les secouristes, présents en nombre, témoignent de la violence de la scène. Pour eux, une nuit entière de travail, à sauver des vies d’abord, à réunir ensuite les preuves de ce qui s’est réellement passé.

Les images font défaut qui disent cette violence et le labeur qui la combat. Officiellement, il ne s’est rien passé à Genève samedi soir. Pas le plus petit communiqué, même pas une inforoute signalant aux automobilistes que l’un des principaux axes routiers était resté fermé pendant plusieurs heures. Notre ville, qui a un vrai problème avec sa vitesse, fait comme si les chauffards n’existaient pas. Sous l’angle de la prévention, inexistante en la circonstance, c’est juste indéfendable.

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