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Barcelone doit rester elle-même

Xavi, trois ans. Julian, sept ans. Brutalement arrachés à leur enfance. A l’amour de leurs familles. En tuant ou blessant des dizaines de personnes jeudi sur les Ramblas, les terroristes – parfois à peine plus âgés – mettent à l’épreuve toute une province. L’enquête s’annonce ardue. Ses premiers éléments indiquent la présence de réseaux importants, peut-être organisés à l’échelle internationale.

Et cette promenade si emblématique de la cité est appelée, comme sa cousine de Nice et les autres lieux ensanglantés par le terrorisme, à devenir un symbole très fort. Car les millions de personnes qui visitent chaque année la capitale de la Catalogne se promèneront tous sur cette avenue unique au monde, qui descend en pente douce vers la statue de Christophe Colomb. Après, c’est la mer, le commerce, l’étranger, l’aventure…

A Barcelone, les habitants sont descendus dans la rue en criant «No tenim por!» (Nous n’avons pas peur). Cette vaillance est à saluer. Mais, en réalité, les Catalans craignent de perdre, dans le sillage des carnages, un peu de leur âme. Et cette inquiétude est partagée par tous ses habitants, en particulier dans le Raval, un quartier chaud de Barcelone où sont entassés beaucoup de Marocains et de Pakistanais. Aujourd’hui, c’est la Barcelone internationale, cosmopolite, bigarrée qui est menacée. Car, depuis plus de mille ans, cette province espagnole a vécu grâce aux échanges économiques et culturels avec le reste du monde. La tolérance y a été érigée au rang de vertu, un peu à l’image de Genève.

Mourir tué à l’âge de trois ans ou de sept ans, c’est injuste. Atroce. Aujourd’hui, Barcelone pleure ses morts. Demain, les Catalans devront tout faire pour sauvegarder l’esprit d’ouverture de cette ville, qui a bourgeonné depuis la fin de la dictature de Franco il y a 40 ans.

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