Baghdadi, mission accomplie

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«Il est mort comme un chien», a résumé Donald Trump, en décrivant les derniers instants de l’ennemi public de l’Occident. Pas d’images d’Abou Bakr al-Baghdadi, mais des détails inutiles sur l’agonie du chef du califat de l’État islamique. L’Amérique n’hésite pas à humilier ses adversaires, même à terre, pour donner plus d’éclat aux exploits de ses forces spéciales. À chaque fois, une longue traque, des mois d’enquête des services de renseignements, avant l’assaut final.

En décembre 2003, l’administration Bush exhibe Saddam Hussein, le tyran irakien découvert au fond d’«un trou à rat», une cache creusée dans une ferme près de sa ville de Tikrit. L’image du clochard hirsute et hagard, aussitôt diffusée par les nouveaux maîtres de l’Irak, choque les sunnites. Ils ne pardonneront jamais à l’Amérique l’exécution par pendaison de Saddam Hussein et la décapitation du régime baasiste. Un ressentiment qui servira de terreau à l’État islamique.

En mai 2011, Barack Obama triomphe à son tour lorsqu’il annonce la mort d’Oussama ben Laden, qu’il s’était juré de retrouver. Après dix ans de chasse à l’homme, le responsable des attentats du 11 septembre est abattu par des commandos américains dans une maison d’Abbottabad au Pakistan. Son corps est ensuite coulé au fond de l’océan Indien. Sa promesse accomplie, Barack Obama annonce dans la foulée le retrait des troupes américaines d’Afghanistan. Une aubaine pour les talibans.

Aujourd’hui, Donald Trump brandit lui aussi son trophée. Prêt à utiliser la dépouille du chef de l’État islamique pour renforcer sa stature de commandant en chef et faire taire les critiques sur le rapatriement des soldats américains déployés en Syrie.

L’Amérique sait mettre en scène son efficacité pour neutraliser ses ennemis. Mais elle a abandonné toute ambition politique au Moyen-Orient. Aucune mort, même spectaculaire, n’effacera l’échec des interventions américaines en Syrie, en Irak et en Afghanistan.

Créé: 27.10.2019, 22h32

Malika Nedir, Cheffe de la Rubrique Monde

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