L’aigle Salvini fond sur une proie facile

L’éditorial

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Condamné par contumace en 1985 à la prison à vie, Cesare Battisti a atterri hier à Rome après trente-sept ans de cavale. Comment cette petite frappe, qui s’est fait la main très jeune lors de braquages avant de devenir dès la fin des années 70 une figure du terrorisme d’extrême gauche, a-t-elle pu passer durant des décennies entre les mailles des filets de la justice? Grâce à la complaisance de certains pays d’accueil, comme la France de Mitterand ou le Brésil de Lula, peu enclins à le renvoyer à la «maison mère». En raison de la bienveillance de certains intellectuels comme Gabriel Garcia Marquez ou Bernard-Henry Lévy, mais aussi à cause de la passivité d’une Italie rétive à rouvrir une lourde page de son histoire: les années de plomb.


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Lundi matin dans le ciel bleu de l’aéroport de Ciampino, un drôle d’oiseau rôdait dans les couloirs, une sorte de rapace prêt à fondre sur une proie devenue facile. L’homme n’était autre que le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini. Le politicien sait qu’il va pouvoir récupérer, sans grand mérite, une prime électorale inespérée à l’approche des élections européennes. «Bonjour les amis, a tweeté l’aigle de la Lega sur son média fétiche. À 11 h 30, arrive l’assassin communiste. Je serai ponctuel à l’aéroport. C’est une victoire pour la justice (…) et tous les Italiens.» Il en a profité pour remercier par téléphone son alter ego populiste brésilien, le président Jair Bolsonaro.

Certes, Matteo Salvini se comporte avec opportunisme dans la pleine continuité de tous les dirigeants italiens qui s’attribuaient les lauriers lors de coups de filets de la magistrature dans les milieux mafieux. C’est de bonne guerre, diront ses soutiens. C’est plutôt du Salvini «pur jus». Le même qui aboie à la vue d’un bateau de migrants accueille aujourd’hui à bras ouverts Cesare Battisti. Une fois le scrutin de mai passé, on attend de voir si l’homme fort du pays se montrera capable de proposer plutôt que de protester. De se mettre enfin au travail en quelque sorte. Page 16


(TDG)

Créé: 15.01.2019, 07h40

Fedele Mendicino, journaliste

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