L’agonie des mineurs polonais

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«Qu’ils aillent manifester en Pologne.» La phrase assassine lancée cet été par Emmanuel Macron en pleine contestation climatique a ulcéré Varsovie. La Pologne et son charbon, c’est Germinal, avec des milliers de gueules noires, héros plus respectés que les médecins ou les enseignants. Garants d’une indépendance énergétique, avec 80% de l’électricité du pays issue de la houille. Pourtant, cela fait des années que l’héritage communiste des grands bassins miniers s’essouffle.


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La Pologne accomplit ce qu’ont fait avant elle la France et l’Allemagne. Elle enterre ses mineurs. Dans la douleur et l’incompréhension. D’autant que le discours du gouvernement est ambigu. Il prône la transition vers des énergies renouvelables, mise sur l’éolien en mer, soutient les entreprises qui passent à une énergie propre. Dans le même temps, il porte à bout de bras son charbon dans un marché où les prix s’effondrent et où la concurrence est sans pitié. Et déjà se profile l’angoisse d’une dépendance énergétique du grand frère russe lorsque la dernière mine de lignite fermera.

Ainsi la Pologne de Jaros?aw Kaczynski fait penser à l’Amérique de Donald Trump. Un gouvernement qui ne peut pas se fâcher avec ses puissants syndicats. Mais qui, quoi qu’il fasse, jouit du soutien de la majorité d’une population à laquelle il a offert une formidable expansion économique, une envieuse sécurité sociale et un tout nouveau pouvoir d’achat. Sortir complètement du charbon, sans autre pression que celle de l’Union européenne excédée, ne sera pas facile.

Créé: 27.11.2019, 20h33

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