Une affaire qui nous concerne tous

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

On pourrait voir dans l’agression de Saint-Jean un simple fait divers. L’acte insensé d’une bande de jeunes sur deux individus choisis au hasard. On aurait pu se borner à s’indigner des blessures irrémédiables de deux trentenaires handicapés. L’un d’eux l’a dit: «J’aurais préféré mourir.» L’autre, privé de la mobilité et de la parole depuis cette nuit de terreur, n’a que la voix de ses proches pour exprimer sa souffrance.


Lire également : «Une telle barbarie est l’apanage de l’assassin»


Pour sa mère, «il meurt cent fois chaque jour». Mais l’agression de Saint-Jean laissera des traces indélébiles dans la mémoire collective de cette ville. Elle est devenue l’archétype de la violence gratuite, un poison moderne qui pousse chacun à se poser les mêmes questions. Si les coups peuvent frapper n’importe qui, n’importe où et n’importe quand, pourquoi la victime ne serait pas moi, mon fils, mon frère ou mon voisin? Durant une semaine de procès, le mutisme et l’empathie toute relative des deux accusés ont amplifié le désarroi d’un public exceptionnellement jeune et nombreux en quête de réponses. Comment interpréter cette barbarie banalisée dans les cerveaux de garçons qui ne sont pas des monstres, qui ont grandi dans des familles ressemblant aux nôtres et fréquenté les mêmes écoles que nos enfants?

Il faut se rendre à l’évidence: deux ans après un acte étranger à la moindre logique, le travail qui doit mener à une prise de conscience des auteurs sera long. Le temps de la justice, lui, est tout autre. En retenant la tentative d’assassinat et en infligeant des peines de prison de 15 et 12 ans, les sept juges du Tribunal criminel ont balayé toute circonstance atténuante qui aurait pu alléger la sanction. Ils sont également allés au-delà du réquisitoire du Ministère public, comme d’autres juges l’ont fait le mois dernier pour des coups de couteau gratuits portés à un jeune sur la plaine de Plainpalais. Ne retenir que la responsabilité individuelle et punir durement: pour l’heure, aucune autre réponse n’a pu être donnée à un phénomène qui échappe à tous.

Créé: 13.03.2019, 20h46

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Après l'accord avec l'UE, Johnson doit convaincre le Parlement
Plus...