L’affaire Benalla, ou l’incurie généralisée

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Quand on accompagne le président Emmanuel Macron dans un déplacement, les mesures de sécurité sont omniprésentes, des dizaines, à vrai dire des centaines de policiers sont mobilisés, des villages ou des quartiers de ville entiers sont vidés, filtrés, soumis à des contrôles drastiques, et on se dit que dans un grand pays, comme la France, la sécurité est à ce prix.


A lire: L’affaire Benalla révèle beaucoup de désinvolture


Et puis il y a une affaire Benalla qui met la présidence à terre pendant un été. Sur l’importance intrinsèque de cet épisode qui a propulsé un jeune inconnu de 27 ans à une réputation quasi mondiale, on peine à voir plus qu’un dérapage individuel dans une structure bouffie de son pouvoir qui trouve normal de soumettre tout le monde à des contrôles rigoureux mais s’exonère elle-même de ces basses contingences. Bref, c’est bien peu de chose, il y a des sujets autrement plus préoccupants.

Seulement voilà, six mois plus tard l’affaire remonte, comme un repas trop lourd qui ne veut pas passer. Et pour quelle raison? Une espèce d’incurie généralisée. On licencie un homme pour faute grave, mais on lui retourne ses passeports diplomatiques. On s’aperçoit – après deux mois! – qu’il n’a pas rendu un téléphone crypté, mais on se contente de bloquer l’appareil sans demander sa restitution. On ne se préoccupe pas de ce qu’il devient, si peu qu’il fait plusieurs voyages en Afrique et rencontre des chefs d’État sans qu’on s’en soucie ou sans qu’on vérifie s’il y a incompatibilité avec ses fonctions précédentes.

«Ce n’est même pas un scandale d’État, juste une «pied-nickletterie»

À vrai dire cette désinvolture n’est pas forcément étrangère aux grandes organisations où chacun a tendance à se reposer sur les autres pour faire ce qui doit l’être. Mais quand la présidence relève péniblement d’un scandale, une telle légèreté est difficilement compréhensible. Lors de son audition, lundi, Alexandre Benalla s’est exclamé, pour désamorcer les soupçons de collusion: «Je ne détiens aucun secret sur qui que ce soit. Je ne fais aucun chantage!»

Le pire est qu’il est probablement sincère. Ce n’est même pas un scandale d’État, juste une «pied-nickletterie».

Créé: 21.01.2019, 22h50

Alain Rebetez, correspondant à Paris

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