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L’ADN, la preuve et la prudence

Les chiffres sont colossaux: chaque jour, plus de quinze noms de suspects sont transmis aux polices cantonales sur la base de profils ADN. Ces 5000 identifications annuelles sont rendues possibles grâce à des traces – parfois microscopiques – et à un fichier national.

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En quinze ans, l’ADN s’est imposé comme l’outil indispensable de la justice pénale. Comment mettre en doute ces preuves qui rendent chaque individu si unique? Couplée à la banque de données qui croît de manière exponentielle, l’utilisation de l’ADN est promise à un bel avenir. D’autant que la science avance à grande vitesse. Dans quelques années, elle sera capable de tracer des portraits-robots à partir de traces infimes laissées sur le lieu de l’infraction.

Doit-on pour autant accorder une confiance aveugle aux preuves ADN? La mésaventure d’une Genevoise de 55 ans, l’an dernier, laisse penser que non. Arrêtée par la police de Saint-Gall, elle a dû brandir de bons vieux alibis (une quittance de pharmacie) pour prouver qu’elle se trouvait à 350 kilomètres du cambriolage au moment de celui-ci. L’affaire lui a tout de même valu une interpellation en public, les menottes et deux jours de détention.

Autre invitation à la vigilance: ce sont les polices qui déterminent quelle personne intègre le fichier national. Jusqu’en 2014, elles opéraient sans entraves ou presque. Il a fallu que des tagueurs alémaniques s’opposent à leur fichage devant la justice pour que la jurisprudence fixe des critères raisonnables. Désormais, seuls les auteurs de délits suffisamment graves devraient se voir fichés.

Il y a vingt ans, quand la population découvrait les prémices du fichage génétique, un éditorialiste de ce journal l’affirmait: «À ce jeu-là, les Suisses risquent d’être très nombreux à finir dans la banque de données.» Il avait vu juste puisqu’ils sont désormais 200 000.

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