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Abus à l’école: le gâchis

C’était il y a un an. Genève découvrait avec effarement les pratiques interdites de certains enseignants. Il a fallu que d’anciennes élèves du Genevois Tariq Ramadan brisent le silence dans la «Tribune de Genève» en dénonçant les agissements de leur maître dans les années 80 à 2000, pour que d’autres s’expriment sur des cas récents et poussent l’institution à l’introspection.

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Mise sous pression, la cheffe du Département de l’instruction publique a tardé à prendre la mesure du problème pour lancer une enquête générale sur les abus à l’école durant les trente dernières années. Les enquêteurs – choisis on ne sait par qui – ont présenté mercredi un rapport édifiant à bien des égards. «Il fait froid dans le dos», a réagi l’actuel président du Conseil d’État, Antonio Hodgers. C’est vrai. Tout y est. Les témoignages glaçants de quatre anciennes élèves de Tariq Ramadan, qui craignaient de se confier à des enseignants. Ceux de professeurs ne croyant guère aux rumeurs. Et une direction alertée qui n’a pas agi fermement.

Mais alors que l’enquête aurait pu être exemplaire, elle suscite le malaise. Embrouillée, elle déplore le manque de directives à l’époque pour interdire les rapports sexuels entre profs et élèves. La loi et la simple morale suffisaient pourtant à les condamner. Elle évoque des mentalités d’un autre temps. Les cas, pourtant, se sont succédé jusqu’à récemment. Incomplète, l’enquête ne dit rien des rumeurs persistantes sur la suppression d’éléments du dossier archivé de Tariq Ramadan. Superficiel, ce travail survole la question du corporatisme, moteur d’une omerta régnant encore dans les couloirs des écoles. Des personnes clés n’ont pas été entendues, comme deux anciens conseillers d’État. Et les experts ont sagement attendu que des victimes s’annoncent, sans chercher d’autres témoignages.

Comme par enchantement, tout va mieux depuis septembre dernier, selon eux, avec la mise en œuvre de mesures par le DIP. Ne soyons pas dupes: il faudra bien plus que des directives pour briser définitivement la loi du silence.

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