EditorialVibiscum, rends l'argent!
Le refus par le festival veveysan de rembourser les billets de sa 3e édition annulée fait scandale. Il y a de quoi.
Dans les colonnes des bookmakers, la disparition précoce du Vibiscum avait une cote plutôt basse, tant le festival de Vevey avait accumulé les avanies à la limite du sketch l’an dernier. Pas grand monde, en revanche, n’aurait osé miser sur un refus de rembourser les sommes encaissées en prévision de sa 3e édition, qui devait se tenir du 30 mai au 2 juin. L’audace fait hurler au scandale sur les réseaux. Il y a de quoi.
De mémoire de spectateur romand, seuls deux concerts furent ainsi «empochés» par l’organisateur: celui que Prince ne donna jamais à Genève en 2010, et celui que Die Toten Hosen ne purent honorer à Rock Oz’Arènes en 2020 et 2021. Dans les deux cas, une même explication: les promoteurs ne pouvaient pas rembourser les spectateurs pour la simple et bonne raison qu’ils avaient déjà dépensé leurs sous en frais de fonctionnement.
Involontairement (ou non), l’organisateur crée une sorte de pyramide de Ponzi, où l’argent qui rentre sert à rémunérer les investissements antérieurs, ici les créanciers. Le système ne casse que lorsque les rentrées ne sont plus suffisantes pour alimenter le jeu. Et la musique s’arrête.
Dans le cas de Vibiscum, on ne peut que spéculer sur la façon avec laquelle il a tenté de maintenir à flot un navire qui, à l’évidence, prenait l’eau de toutes parts. Les créanciers dont nous avons obtenu le témoignage font tous états de remboursement par poignées éparses et chiches de leurs ardoises 2023. Dès lors que les ventes de billets, donc les recettes, sont restées faibles, la corde a lâché.
Pour l’heure, Vibiscum ne dit pas complètement non à un remboursement futur, un jour, bientôt. «Pleinement engagé à trouver une solution équitable», il explore «toutes les options disponibles» et promet de «tenir informé de tout développement significatif.»
Les promesses n’engagent que ceux qui les croient mais le public jeune et populaire de Vibiscum mérite mieux que du vent, de la part d’un festival qui continue de faire clignoter au rang de ses sponsors des multinationales de l’alimentation, des sociétés immobilières et des hôtels-casinos! Prompt dans la presse à citer ses nobles ancêtres, William von Stockalper, le directeur, devra bien trouver un moyen de se montrer chevalier.
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