Votre navigateur est obsolète. Veuillez le mettre à jour avec la dernière version ou passer à un autre navigateur comme ChromeSafariFirefox ou Edge pour éviter les failles de sécurité et garantir les meilleures performances possibles.

Passer au contenu principal

ÉditorialL’enfance volée ne s’oublie jamais

Abonnez-vous dès maintenant et profitez de la fonction de lecture audio.
BotTalk

C’est un chiffre qui a choqué toute la Suisse, dévoilé en septembre dernier par l’Université de Zurich. Depuis 1950, dans tout le pays, environ 1000 abus sexuels ont été commis au sein de l’Église catholique. Au moins. Car selon l’équipe de recherche, l’essentiel des sévices reste à découvrir ou sera à jamais inconnu.

En une centaine de pages, son rapport inédit égrène nombre de scandales qui ont déjà éclaté au grand jour. Il contient aussi son lot de révélations. Les abus commis au Collège de la Longeraie en font partie.

À Morges, dans le canton de Vaud, cet internat tenu par des religieux a fermé ses portes en 1980. Depuis, il n’avait plus fait parler de lui. Il a fallu le travail d’universitaires, plongés dans les archives, pour montrer qu’une poignée d’anciens élèves ont brisé le silence, des décennies après avoir été abusés.

En tout, cinq signalements ont été faits au diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg. Notre enquête montre comment ces témoignages et ces victimes ont été reçus – tant bien que mal – par l’Église. Elle montre aussi que ces abus en cachent sans doute bien d’autres.

Dans un collège comme la Longeraie, des familles modestes confiaient leurs garçons aux bons soins de l’ordre des Salésiens, connu pour sa vocation éducative. Tous n’ont pas été maltraités, mais dans le monde fermé de l’internat, plusieurs ont subi des coups, des attouchements et sans doute aussi des viols. Les abuseurs, eux, n’ont jamais été inquiétés, même lorsqu’ils ont été dénoncés. Déplacés sans bruit, certains ont sévi à nouveau.

Ces abus sont emblématiques d’une «autre époque» et d’une institution qui n’a pas été à la hauteur de ses valeurs. Ce n’est pas nouveau. Mais ce ne sera jamais du passé. Il faut souvent toute une vie pour que des victimes osent chercher des réponses et demander des comptes. L’Église catholique fait donc face à ses responsabilités plus que jamais.

Est-elle à la hauteur de cette tâche, aujourd’hui, en 2024? Rien n’est moins sûr, malgré les bonnes volontés. Il faudra pourtant qu’elle s’améliore. Une enfance volée ne s’oublie jamais.

Newsletter
«La Tribune des opinions»
Avec la Tribune des Opinions, retrouvez tous les lundis les analyses, éditoriaux, courriers des lecteurs, avis d’experts… Autant d’éclairages pour vous faire votre propre opinion.

Autres newsletters