Édito sur le Tour de FranceLe vélo et le sempiternel doute
Dans les Pyrénées, le maillot jaune Tadej Pogacar a fait passer Armstrong et Pantani pour des cyclotouristes. Est-ce bien raisonnable?
À la télé, dans les gazettes, sur les supports numériques et ailleurs, on nous assure que les méthodes d’entraînement ont évolué. Que les cyclistes mangent mieux, récupèrent mieux. Que les bicyclettes d’aujourd’hui n’ont plus rien de commun, à part un bout de selle, avec les deux roues du début du millénaire.
Certes.
Mais est-ce que ces explications, relayées par des médias présents sur le Tour de France qui citent généralement des athlètes, des directeurs sportifs et des mécaniciens présents sur le Tour de France, suffisent à clore le débat et à valider des performances ahurissantes?
Parce que, aussi spectaculaires soient-elles, les envolées de Tadej Pogacar, le porteur du maillot jaune, sur des pentes abruptes des Pyrénées s’apparentent à du jamais-vu dans une discipline plus que centenaire dont l’histoire est truffée d’épisodes où ses acteurs avaient une définition bien particulière de l’éthique.
Samedi, Pogacar a effectué la montée du Pla d'Adet en battant de deux minutes le record détenu depuis 2001 par l’Américain Lance Armstrong, jamais testé positif, qui avait avoué s’être dopé douze ans plus tard
Dimanche, le Slovène a explosé de 3’40’’ le meilleur chrono jamais réalisé dans l’ascension du plateau de Beille, effaçant l’Italien Marco Pantani (décédé en 2004), jamais testé positif, mais épinglé en 2013 pour dopage à l’EPO par un rapport de la commission d’enquête du Sénat français.
Dans les salles de presse du Tour, face aux écrans de télévision, la plupart des envoyés spéciaux ont applaudi le panache du leader. Comme ils avaient autrefois applaudi ceux de Virenque, de Pantani et d’autres.
Pogacar est peut-être le plus grand cycliste de tous les temps. Mais peut-être pas.
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