Passer au contenu principal

Le projet de l’ESA s’adapte à la criseL’igloo lunaire ne verra pas la neige cette année

Crise sanitaire oblige, le laboratoire glacé voulu par l’ESA et piloté par le Swiss Space Center ne pourra pas être déployé sur le terrain. La saison 2 sera 100% virtuelle.

L’EPFL a imaginé une structure automatisée et autonome pour cultiver et récolter des légumes dans l’espace.
L’EPFL a imaginé une structure automatisée et autonome pour cultiver et récolter des légumes dans l’espace.
Margaux Lacombe

L’an dernier, les sous-sols glacés du Cervin avaient servi à simuler les conditions extrêmes qui règnent sur la Lune. C’est là qu’une quinzaine d’universités avaient bâti un véritable laboratoire glacé. Un édifice conçu pour démontrer qu’il est possible de vivre dans l’espace de façon autonome et durable. Nom du code de l’ambitieux projet chapeauté par le Swiss Space Center basé à l’EPFL sur mandat de l’Agence spatiale européenne (ESA): Igluna.

Timelapse de la saison 1, sous le Cervin.
Swiss Space Center, EPFL

Cette année, les tests et les démonstrations des projets sur lesquels planchent plus de 150 étudiants du monde entier depuis une année devaient avoir lieu courant juillet, sur le Pilatus, dans les Alpes uranaises. Mais, crise sanitaire oblige, l’opération sur le terrain a été annulée. Pour autant, pas question d’annuler la saison 2 d’Igluna. Elle aura lieu de façon virtuelle, sur la chaîne YouTube du Swiss Space Center, dès vendredi et durant six jours.

«Nous comptons repartir sur la Lune et y rester. Il est important que les étudiants soient impliqués dans ce projet»

Jan Wörner, directeur général de l’ESA

Présentation des projets, entre dispositifs de culture hydroponique, production d’oxygène, structure gonflable où se loger ou encore robot capable d’extraire de la glace lunaire et de la faire fondre, conférences publiques (de Claude Nicollier notamment), présentation des enjeux, toute la technologie au service de la survie humaine dans l’espace sera présentée.

Bientôt sur la Lune

Pour comprendre la volonté de maintenir cette deuxième édition coûte que coûte, il faut savoir que le projet dépasse le simple travail d’étudiants. Car c’est la relève que l’Agence spatiale européenne entend préparer au travers du projet Igluna. Les projets de colonisation lunaire se multiplient, les plus optimistes imaginant même une présence humaine durable sur notre satellite naturel dans moins de dix ans. «Nous comptons repartir sur la Lune et y rester. Il est important que les étudiants soient impliqués dans ce projet. D’ailleurs, des idées issues de l’aventure Igluna pourraient tout à fait être présentées lors de la prochaine conférence ministérielle de l’ESA en 2022», indique Jan Wörner, directeur général de l’ESA.