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Vent de panique dans l’industrie allemande

La crise sanitaire impose, outre-Rhin, des rapprochements entre constructeurs automobiles pour l’intelligence artificielle.

Le constructeur des Mercedes s’est approché discrètement de Volkswagen pour étudier la possibilité d’une coopération pour le développement d’un système d’exploitation commun. Un flirt révélé par la presse et qui a été très mal perçu par BMW.
Le constructeur des Mercedes s’est approché discrètement de Volkswagen pour étudier la possibilité d’une coopération pour le développement d’un système d’exploitation commun. Un flirt révélé par la presse et qui a été très mal perçu par BMW.
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Un vent de panique souffle dans l’automobile allemande. Alors que les constructeurs voyaient le bout du tunnel cinq ans après le scandale des moteurs truqués, le Covid- 19 risque de ruiner définitivement leur processus de mutation vers l’électrique. «Avec une baisse de la demande de 15% cette année et 100'000 emplois menacés dans la branche, la situation est critique. Il faudra au moins dix ans pour remonter la pente», estime Ferdinand Dudenhöffer, expert du secteur automobile à l'Université de Duisburg-Essen.

Coopération nécessaire

Une situation d’autant plus grave que les constructeurs sont censés investir des sommes monumentales dans le développement de l’intelligence artificielle pour leurs véhicules. «La crise du coronavirus va les obliger à accélérer leur coopération dans la recherche d’un système d’exploitation commun, estime Ferdinand Dudenhöffer. Les fusions n’ont pas de sens. Un groupe automobile a besoin d’intelligence artificielle, pas d’un autre groupe automobile. Un rapprochement industriel avec un groupe high-tech aurait plus d’intérêt.»

Or les Allemands sont déjà en retard sur la concurrence dans ce domaine. «Nous avons actuellement 80 à 100 systèmes d’exploitation différents pour faire fonctionner les différents éléments d’une voiture. À l’avenir, il n’y aura plus qu’un seul programme. Les constructeurs allemands mènent actuellement des négociations dans tous les sens pour coopérer et trouver une solution entre eux, explique Ferdinand Dudenhöffer. Ils ne veulent pas de Google ou d’Apple pour faire tourner leur moteur!»

Pour cela, le groupe Daimler-Benz (Mercedes) n’a pas hésité à faire des infidélités à BMW, avec qui il coopère déjà dans les services de mobilité. Le constructeur des Mercedes s’est approché discrètement de Volkswagen pour étudier la possibilité d’une coopération pour le développement d’un système d’exploitation commun. Un flirt révélé par la presse et qui a été très mal perçu par BMW.

Pour Volkswagen, c’est une question de survie. Après le Dieselgate et la crise sanitaire, le constructeur de Wolfsburg n’a plus les moyens de faire cavalier seul. Il lui manque de l’argent mais aussi des programmeurs. La presse allemande doute que le numéro un mondial puisse démarrer comme prévu la mise en vente, cet été, de son modèle électrique phare, la ID.3. Les voitures sont produites actuellement en série, mais «sans cerveau», car le système d’exploitation de la voiture électrique ne serait pas encore achevé. Les véhicules sont parqués près des usines par milliers, en attendant d’y intégrer le logiciel qui les fera rouler.

L’objectif du nouveau président de Volkswagen, Herbert Diess, est d’écouler au moins 100'000 exemplaires de ce modèle futuriste d’ici à la fin de l’année. La réussite de l’ID.3 n’est pas seulement une question de prestige, Volkswagen doit en plus respecter les conditions imposées par Bruxelles en termes d’émissions polluantes. Sans une réussite de l’ID.3, Volskwagen sera obligé de payer de lourdes amendes et vivra un nouveau désastre en termes d’image. Cinq ans après le scandale des moteurs truqués, le groupe passerait de nouveau pour le grand pollueur parmi les constructeurs automobiles.

Tesla en avance

Le temps presse, car Tesla a une bonne longueur d’avance sur les Allemands. «Le groupe américain a déjà son propre système d’exploitation. Un seul pour toute la voiture», rappelle Ferdinand Dudenhöffer. Sans oublier Google, Apple ou Microsoft, qui sont devenus des concurrents sérieux dans le secteur de l’automobile. «Ils peuvent déjà livrer des logiciels qui fonctionnent sur les voitures allemandes. Si les constructeurs allemands ne trouvent pas de solution, il n’est pas impossible qu’ils soient obligés à la fin de faire appel à Google», insiste l’universitaire.

Les constructeurs allemands finiraient alors par devenir de simples carrossiers. Volkswagen, BMW et Mercedes… sous-traitants de Google? Une vision d’horreur pour toute l’industrie allemande.

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