«Les USA traitent la Suisse moins bien que la Corée du Nord»

RelationsL'économiste américain Daniel J. Mitchell, ardent défenseur de la Suisse aux Etats-Unis, critique violemment la pression de Washington sur Berne autour du secret bancaire. Il défend le système économique helvétique.

Daniel J.Mitchell, membre de l'Institut Cato de Washington, jette un œil sévère sur les relations entre les Etats-Unis et la Suisse.

Daniel J.Mitchell, membre de l'Institut Cato de Washington, jette un œil sévère sur les relations entre les Etats-Unis et la Suisse. Image: Cato Institute

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Un économiste américain qui défend le secret bancaire suisse... Voilà qui est suffisamment rare pour que l'on rapporte ses propos, recueillis lundi par la Basler Zeitung.

Membre de l'Institut Cato de Washington, une «fabrique à penser» dévolue à la liberté individuelle et au libre marché, Daniel J.Mitchel n'y va pas par quatre chemins pour critiquer l'attitude de son pays face à la Suisse.

«C'est dégoûtant! Washington traite Berne de façon bien pire que la Corée du Nord», s'exclame-t-il dans les colonnes du journal. Selon lui, les autorités américaines ont agi de façon totalement injuste en faisant autant pression sur la Confédération. «Il y a eu des menaces très graves envers les banques helvétiques et leurs salariés. La souveraineté de la Suisse n'a absolument pas été respectée», critique-t-il.

Daniel J.Mitchell, qui est régulièrement interrogé par les grands journaux américains tels le Wall Street Journal ou le New York Times, regrette encore que Berne ait cédé face à ces menaces. «Bien sûr, il n'est pas facile pour un petit pays de s'affirmer sur la scène internationale, mais c'est un défi qu'il faut relever», juge-t-il.

Balayer devant sa porte

L'économiste va plus loin: la seule raison pour laquelle la Suisse est en conflit avec les pays dont la fiscalité est élevée est leur mauvaise politique. Selon lui, si les gouvernements adoptaient une politique fiscale modérée, celle-ci serait bénéfique autant pour une simple enseignante que pour un riche chef d'entreprise.

«Plutôt que de forcer la Suisse à modifier sa politique, nous ferions mieux, aux Etats-Unis, de regarder d'abord chez nous ce qui ne fonctionne pas», souligne-t-il.

Daniel J.Mitchell se montre sévère envers la politique de son pays. Selon lui, les USA ressemblent de plus en plus aux «Etats providence» européens, ce qui ne va pas améliorer le budget ces prochaines années.

«Les dépenses publiques des USA représentent 40% du PIB, note-t-il, ce qui est encore mieux que la plupart des pays européens qui y consacrent souvent bien plus de 50%. Mais la tendance va dans la mauvaise direction, reproche-t-il. La Suisse demeure une exception remarquable en Europe, avec un taux de 35%», admire-t-il.

Fédéralisme suisse en exemple

Daniel J.Mitchell salue le fédéralisme helvétique: «Aujourd'hui, aux Etats-Unis, 70% des décisions en termes de politique fiscale se prennent à Washington. Chez vous, la plus grande partie des impôts se paient toujours à l'endroit où habitent les Suisses.»

Pour lui, le prochain président américain devrait, outre baisser les impôts, copier le frein à l'endettement suisse, la meilleure manière de réduire les dépenses publiques. Mais l'économiste critique tant Mitt Romney, avec qui rien ne changerait selon lui, que Barack Obama, accusé de dépenser tout autant d'argent que son prédécesseur George W. Bush.

«Ce qu'il nous faudrait aujourd'hui, ce sont des dirigeants de la trempe de Ronald Reagan ou Margaret Thatcher. Or, les deux candidats actuels à la présidentielle ne proposent que des projets qui engendreront des dépenses toujours plus effrénées», conclut-il.

Créé: 08.10.2012, 11h19

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