Un hub étudiera risques et potentiel d’une cryptomonnaie nationale

Avec la Banque des règlements internationaux et les autorités financières à Hongkong, la BNS ouvre un centre dédié aux nouvelles technologies financières.

Les cryptomonnaies, telles que le bitcoin, reviennent sur le devant de la scène.

Les cryptomonnaies, telles que le bitcoin, reviennent sur le devant de la scène. Image: George Frey

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Ces dernières semaines, les cryptomonnaies sont revenues sur le devant de la scène. Prenez le libra, la future monnaie virtuelle de Facebook. Celle dont le destin s’annonce très genevois a déjà fait couler beaucoup d’encre. Elle a même contribué à relancer l’engouement du public pour ces nouvelles devises numériques.

La plus célèbre d’entre elles, le bitcoin, renoue actuellement avec des valeurs plus atteintes depuis de nombreux trimestres. En fin de semaine dernière, un bitcoin dépassait les 12 000 dollars. «L’appétit du risque et l’insouciance des investisseurs se poursuivent de plus belle. La barre des 13 000, voire 14 000 dollars, pourrait bientôt être franchie», pronostiquaient les analystes d’Emden Research en fin de semaine dernière.

Du coup, la question que de nombreuses institutions financières se posent depuis des années est à nouveau d’actualité: faut-il créer des cryptomonnaies à l’échelle nationale? Pour y répondre, la Banque des règlements internationaux (BRI) a présenté dimanche son projet de hub international d’innovation.

Avec des centres installés à Bâle, à Hongkong (puis à Singapour dans un 2e temps) et la participation des autorités monétaires des trois régions, ce hub aura pour but de réunir les pointures du secteur afin d’acquérir les connaissances technologiques déterminantes pour le futur des banques centrales.

Réticences et inquiétudes

En ce qui concerne les monnaies virtuelles, mis à part quelques exceptions telles que l’e-couronne suédoise, les banques centrales se sont toujours montrées très réticentes à cette idée. En Suisse par exemple, la Banque nationale suisse (BNS) n’a cessé de répéter son opposition à l’élaboration d’un e-franc. Au mois de novembre 2018, lors d’une conférence organisée par l’institution financière, Andréa Maechler, membre de la direction générale, confirmait ne voir aucun avantage à en émettre. «Cela induirait des risques importants et reviendrait à faire d’une Banque centrale une banque commerciale. Nous ne voulons pas introduire du risque dans un système stable.»

Dans une période où les contours du futur libra se dessinent peu à peu, la Banque des règlements internationaux s’inquiète du risque de position dominante des géants de la tech sur la finance mondiale.

Dans nos pages, leur responsable de la recherche, Hyun-Song Shin, expliquait qu’en cas de pénétration des Big Tech dans le monde de la finance, ces derniers devront «se soumettre aux mêmes règles que celles imposées aux banques». Cela entend de nombreuses règles à respecter telles que la dotation suffisante de fonds propres aptes à éviter une faillite, la connaissance de l’identité de leurs clients ou encore l’établissement de contre-mesures contre le blanchiment d’argent, etc.

Devises virtuelles nationales

Longtemps de l’avis d’Andréa Maechler, le patron de la BRI, Agustin Carstens, est, pour sa part, revenu sur sa position initiale dans les colonnes du «Financial Times». Ce dernier estime désormais que les banques centrales pourraient être poussées à fabriquer leurs propres devises virtuelles. «Beaucoup de banques centrales y travaillent. Nous y travaillons en les soutenant», assure-t-il.

À la BNS par contre, l’on préfère pratiquer la langue de bois sur ce dossier et ne pas répondre aux questions posées quant à un revirement éventuel de position par rapport à l’e-franc. Cela démontre à quel point le dossier reste sensible et que les avis divergent entre le potentiel et les dangers que pourrait poser une cryptomonnaie nationale. Dans les différents centres du futur hub, les experts auront du travail pour faire évoluer certaines mentalités.

Créé: 01.07.2019, 20h47

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