Passer au contenu principal

ConjonctureUBS rabote ses prévisions de croissance

La banque aux trois clés entrevoit une chute de 4,6% du produit intérieur brut helvétique, à cause du Covid-19.

Les mesures de confinement prononcées en Suisse plongeront l'économie mondiale dans ce qui est probablement la première récession ordonnée, estime UBS.
Les mesures de confinement prononcées en Suisse plongeront l'économie mondiale dans ce qui est probablement la première récession ordonnée, estime UBS.
Keystone

Les économistes de la banque UBS ont fortement révisé en baisse leurs prévisions conjoncturelles pour la Suisse, en raison des répercussions négatives de la pandémie de coronavirus. Un rebond est toutefois attendu en fin d'année.

La banque aux trois clés table désormais sur une chute de 4,6% du produit intérieur brut (PIB) helvétique cette année, alors que dans leurs précédentes estimations de fin mars, les experts s'attendaient encore à un repli de 1,3%.

«La lutte contre le coronavirus a largement paralysé l'économie sur la planète entière», a indiqué l'économiste en chef de l'établissement zurichois, Daniel Kalt, dans une étude publiée lundi.

Les mesures de confinement prononcées en Suisse et ailleurs dans le monde «plongeront l'économie mondiale dans ce qui est probablement la première récession ordonnée par les pouvoirs publics de l'histoire économique moderne», a-t-il poursuivi.

«Première récession ordonnée»

Fermeture des magasins oblige, la consommation privée s'est effondrée et devrait reculer de 5,5% sur l'ensemble de l'année. Même constat pour les entreprises dont les investissements sont attendus en baisse de 4,8% et les exportations en repli de 10,2%.

La pandémie de Covid-19 ne va pas pour autant chambouler le paysage économique helvétique, mais accélérer un mouvement déjà enclenché avant la crise, ont estimé les spécialistes d'UBS lors d'une conférence téléphonique. Le commerce de détail et le secteur des services à la personne ainsi que les médias sont les plus affectés par la situation, suivis par le tourisme et les loisirs. L'industrie des machines et de l'électronique, habituée aux chocs conjoncturels, devrait par contre limiter les dégâts.

Les gagnants de la crise sont clairement les domaines de la santé, des télécoms et de l'industrie pharmaceutique et chimique.

Le taux de chômage devrait monter cette année à 4,0%, après 2,9% au mois de mars et 2,3% en 2019. Mais les mesures de chômage partiel déploient leur effet, avec 1,85 million de demandes effectuées par les employeurs. Actuellement, 1200 à 1500 personnes par jour se déclarent au chômage, contre 1200 en temps normal. Mais hors situation de crise, l'économie suisse crée aussi 1300 emplois par jour, ce qui n'est pas le cas en ce moment. «Le problème est le manque de créations de postes, pas les suppressions de postes», a dit Daniel Kalt.

La Suisse dispose d'une marge de manoeuvre importante pour soutenir son économie. Si la Confédération a déjà engagé 62 milliards de francs d'aides publiques, elle pourrait débourser 125 milliards de plus, soit 17% de son PIB, sans perdre sa précieuse notation «triple-A», utile pour lever à moindre de frais de l'argent sur les marchés, selon les estimations d'UBS.

La Suisse peut encore s'endetter

Les autres régions du monde ne sont pas épargnées par cette situation. Aux Etats-Unis, UBS anticipe un repli du PIB de 6,8% en 2020 et de 6,1% dans la zone euro. En Asie (hors Japon, Australie et Nouvelle-Zélande), le recul devrait être limité à 0,4%.

Le rebond pourrait néanmoins être rapide. «Si les mesures d'endiguement du coronavirus peuvent être assouplies assez prochainement et que les effets de la mise à l'arrêt sur l'économie restent limités, celle-ci devrait pouvoir reprendre son essor au second semestre», a estimé l'économiste Alessandro Bee.

Selon Daniel Kalt, la grande question est de savoir «comment vont se dérouler les prochains mois». Si l'économie suisse normalise progressivement son activité d'ici l'automne, la conjoncture pourrait commencer un solide rebond dès le 4e trimestre pour revenir à des niveaux d'avant la crise.

Pour l'année prochaine, UBS anticipe dans son scénario de base un rebond du PIB de 3,9%, soutenu par la consommation privée ( 2,5%), les investissements ( 2,3%) et les exportations ( 7,3%). Le taux de chômage ne devrait par contre que reculer modestement à 3,9%.

ats

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.