UBS paie un demi-milliard pour ses manipulations

FraudeAux Etats-Unis, la banque tourne la page du scandale des devises. Elle admet sa culpabilité dans celui des taux d’intérêt.

Image: Reuters

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Un demi-milliard de francs pour effacer le passé. La première banque suisse a annoncé hier avoir tourné la page, aux Etats-Unis, de deux des scandales financiers les plus retentissants des dernières années. Ceux de l’implication de ses cambistes dans la manipulation du marché sur lequel est déterminé le change entre le dollar et l’euro; ainsi que sur celui où est fixé le Libor, mètre étalon de tous les taux d’intérêt. Deux affaires qui ont déjà coûté près de 2,5 milliards de francs de pénalité à la banque. Le premier dossier est évacué moyennant le paiement de 342 millions de dollars, la banque obtenant en échange l’immunité judiciaire. Une clémence expliquée par le fait qu’UBS avait été la première à dénoncer l’affaire. Les quatre autres institutions impliquées – Citicorp, JP Morgan, Barclays et RBS – sont, elles, contraintes d’admettre qu’elles ont commis un délit, après avoir dû s’acquitter de plus de 5,5 milliards de dollars de pénalités.

La ministre de la Justice américaine Loretta Lynch a fustigé «l’insolente collusion» de ces établissements. En revanche, l’arrangement de 203 millions de dollars imposé à UBS dans le cadre de la seconde manipulation, celle des taux d’intérêt, ne lui a pas épargné de devoir admettre sa culpabilité pénale aux Etats-Unis.

Entachant toute l’institution, ces aveux n’ont cependant guère ému les porteurs d’actions UBS: la valeur de leurs titres a décollé de 3% hier. En finance, ce sont d’abord les chiffres qui parlent. Or, la banque disposait, fin mars de 2,7 milliards de réserves destinées à couvrir ses litiges juridiques. Amplement de quoi faire face. Ces chiffres renforcent le sentiment qu’UBS «s’en tire bien», selon le mot de Loïc Bhend, analyste au sein de la banque Bordier à Genève. «On commence à apercevoir le bout du tunnel en termes de frais juridiques; la visibilité sur les résultats et donc sur les dividendes s’améliore d’un coup», ajoute ce dernier. Qui rappelle que, en début d’année, tout le monde pariait sur des amendes de 2 voire 3 milliards de dollars.

Après l’évasion fiscale aux Etats-Unis, les emprunts toxiques de la Ville de Milan ou, plus récemment, la vente de titres pourris à Puerto Rico, ce verdict américain évacue deux casseroles judiciaires de plus pour la banque. Reste un autre dossier, brûlant. Celui de sa mise en examen en France. (TDG)

Créé: 20.05.2015, 21h35

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