«Travailler douze heures par jour, cela finit par user»

TémoignageL’entreprise Belloni a été gobée par sa concurrente bernoise Frutiger. Son patron explique comment il en est venu à cette décision.

Belloni SA est une entreprise de construction. Photo d'illustration

Belloni SA est une entreprise de construction. Photo d'illustration Image: Magali Girardin

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Vendre. C’est l’ultime liberté du chef d’entreprise. Et après cent quarante-cinq ans d’histoire, ce fut le choix, le 20 septembre, de Pierre Belloni, dirigeant de l’entreprise de construction du même nom. «Cela fait plus de treize ans que je dirige l’entreprise. Travailler dix à douze heures par jour, cela finit par user», lâche le Genevois, représentant de la cinquième génération.

Pourtant, Pierre Belloni n’est pas en âge de se retirer. Il a 53 ans. Mais aucun de ses quatre enfants, encore jeunes, n’est en piste pour reprendre la charge de l’exploitation familiale. «Et je n’avais pas envie de leur laisser tous ces soucis», confie encore le chef d’entreprise.

Alors, Pierre Belloni s’est mis en quête d’une entreprise qui ressemble à la sienne. «Je voulais vendre à un groupe familial suisse qui assure la pérennité des emplois», explique le dirigeant. Les 320 emplois de son entreprise de gros œuvre et de plâterie-peinture seront donc repris aux mêmes conditions salariales par les Bernois de Frutiger, assure-t-il.

Car c’est à Thoune que Pierre Belloni a trouvé son repreneur. Le groupe bernois Frutiger est encore plus ancien. Il existe, lui, depuis cent quarante-neuf ans: tandis que la société genevoise a été fondée en 1872, la création de son homologue bernoise remonte à 1868.

Luc Frutiger, 50 ans, n’est pas totalement inconnu en terres genevoises. Son entreprise a œuvré, par exemple, dans le cadre de la construction de la gare CFF de Lancy-Pont-Rouge et de l’extension du Musée d’ethnographie. En terres vaudoises, Frutiger salarie environ 300 personnes. La société exploite également un bureau à Fribourg.

Côté chiffres, Frutiger pèse environ dix fois plus lourd que Belloni. 772 millions de francs pour le bernois, 80 millions pour le genevois. Pierre Belloni assure de son côté que son entreprise a «toujours été dans les chiffres noirs». Du moins durant les années pendant lesquelles il l’a dirigée.

Car avant 1994, l’entreprise, séduite par l’appât de gains qu’elle croyait faciles, avait succombé, comme d’autres, dans les méandres du Monopoly géant qui avait secoué la Suisse. Des maisons que l’on croyait immuables, comme Ambrosetti, ont alors disparu. D’autres ont vu leur centre de décision quitter Genève pour Zurich, à l’image d’Implenia (ex-Zschokke). Avec le rachat de Belloni par Frutiger, Genève perd un nouveau centre de décision. Une page se tourne. Et un long chapitre, dont le début a commencé à s’écrire en 1872. (TDG)

Créé: 27.09.2017, 21h19

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