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Le trafic des drones en milieu urbain se prépare à Genève

Des spécialistes ont fait voler, à la Nautique, ces engins amenés à être aussi nombreux que les voitures. Le but? Montrer qu’on peut planifier et tracer leurs parcours. La région se rêve en référence.

Au port de la Nautique, un outil inédit a été présenté, qui permet la gestion automatisée des plans de vol de ces engins, anticipant ainsi les futures réglementations européennes.
Au port de la Nautique, un outil inédit a été présenté, qui permet la gestion automatisée des plans de vol de ces engins, anticipant ainsi les futures réglementations européennes.
Magali Girardin

Une première mondiale a été dévoilée jeudi à Genève sur le front des drones. Un consortium d’entreprises genevoises, vaudoises, suisses et internationales s’est réuni à la Nautique pour présenter un outil inédit permettant la gestion automatisée des drones, anticipant ainsi les futures réglementations européennes portant sur les vols de ces nouveaux véhicules.

Cinq sociétés ont procédé à une démonstration. Skyguide, AirMap, PX4, les genevois SitaOnAir et le groupe vaudois senseFly ont commencé par présenter un registre électronique qui permettrait aux drones et pilotes de s’inscrire en quelques clics. Basé sur la technologie de la blockchain, le registre peut être utilisé par n’importe quel Etat dans le monde.

En Suisse, l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) sera responsable de l’immatriculation des drones, des opérateurs ou leur pilote, mais Skyguide, la société chargée de surveiller l’espace aérien helvétique, pourrait assurer la gestion de registre. Pour des questions de sécurité et pratiques, les données seront partagées avec différentes autorités, dont la police.

Cette démonstration tombe à pic. La semaine dernière l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), à Montréal, a en effet fait un appel pour la création d’un tel registre.

Comment tracer ces objets

Le consortium a ensuite montré comment les drones peuvent techniquement être intégrés dans le contrôle aérien, comment leurs vols peuvent désormais être planifiables et approuvés automatiquement et comment leur trajectoire est «traçable» en temps réel. Pour ce faire, trois missions ont été effectuées simultanément par un quadricoptère Albris, une aile volante eBee Plus de senseFly et un drone guidé par le contrôleur de vol préprogrammé de PX4.

En cas d’accident nécessitant la venue d’un hélicoptère par exemple, le système permet de rapidement créer une nouvelle zone temporairement interdite de vol aux drones (on parle alors de «dynamic geofencing»). En quelques clics, un opérateur de Skyguide délimite une zone sur une carte instantanément transmise aux pilotes. Un SMS peut être également envoyé par le biais du système (à l’inscription, toute personne doit donner son numéro de portable).

Cadrer les drones, un défi essentiel

Cadrer les drones, la question se pose toujours davantage, alors que ces engins volants pullulent et qu’à ce rythme on est parti pour recenser un nombre de drones aussi important que de voitures dans quelques décennies. Aux Etats-Unis, plus de 770 000 pilotes de drones se sont enregistrés de décembre 2015 à mars 2017. C’est plus du double que le nombre d’aéronefs avec un pilote à bord immatriculés ces cent dernières années dans ce même pays.

En Suisse aussi, les demandes explosent (voir infographie). Ce printemps, le cabinet PwC estimait à 100 000 le nombre de drones au sein de la Confédération. «A ce rythme, nous pourrions avoir 5 à 10 fois plus de drones dans le ciel suisse d’ici à 2025», estime Florent Béron, responsable de la stratégie chez Skyguide et responsable du projet.

Ces appareils sont relativement nouveaux, mais le système qui les gère actuellement est déjà débordé. Pour faire voler son drone à moins de 5 km d’un aéroport, il faut demander une autorisation à Skyguide dix jours à l’avance puis prendre contact avec la tour de contrôle le jour même. Rien de tel avec le nouveau système harmonisé.

Une dizaine de drones ont ainsi été aperçus durant les Fêtes de Genève (le jour des feux d’artifice), mais un seul avait fait une demande d’autorisation. Les incidents se multiplient d’ailleurs: un droniste a failli conduire à la fermeture de la piste à Cointrin, plusieurs incidents similaires ont fait des vagues à Kloten. Et un engin s’est écrasé en pleine rue à Plainpalais en 2014.

La Suisse en avance

Personne ne semble connaître les règles. Elles sont pourtant claires: interdiction d’utiliser ces appareils à moins de cent mètres d’un rassemblement de 24 personnes ou plus, de certaines institutions (l’ONU ou un stade) ou de prisons – sauf si on a l’autorisation de l’OFAC, de la police et de Skyguide si on est à proximité d’un aéroport. Une assurance RC portant la mention «aéromodélisme» ou «drone» est en outre demandée. Le dimanche par contre, on a le droit de voler même si le bourdonnement des nouvelles machines ne passe guère inaperçu.

Le nouveau système de gestion des drones vise à simplifier la vie des utilisateurs en indiquant clairement s’ils sont à moins de 5 km d’un aéroport ou s’ils ont le droit de voler depuis leur position.

La Commission européenne a établi des règles, dans un cadre baptisé «U-space», et proposé un calendrier en quatre étapes pour les mettre en pratique, le temps que les technologies et les réglementations puissent s’adapter. «Avec le système présenté aujourd’hui, on remplit les critères de la deuxième étape, qui devront être remplis en 2021», se réjouit Simon Johnson, modérateur de l’événement à la Nautique jeudi. «Nous sommes largement en avance sur les prévisions européennes», conclut-il.

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