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Le tourisme spatial met sur orbite un marché qui se chiffrera en milliards

Les voyages à «bas coût» pour clients privés sont pour demain. Un déclic pour l’économie de l’espace, prédit UBS.

La navette SpaceShip Two, de Virgin Galactic, emmènera les premiers touristes en vol suborbital dès 2020, pour 250 000 dollars.
La navette SpaceShip Two, de Virgin Galactic, emmènera les premiers touristes en vol suborbital dès 2020, pour 250 000 dollars.
Keystone

Que ne ferait-on pas pour un selfie en apesanteur? Pour paraphraser une pub célèbre, la manie du «been there, done that» est telle que les candidats se bousculent pour étrenner leur premier voyage dans l’espace et atteindre ces lieux «où jamais la main de l’homme n’a mis le pied», selon la phrase immortelle des Dupondt foulant le sol lunaire. Et l’offre se concrétise enfin. Virgin Galactic, la société de Richard Branson, est bien partie pour ouvrir les feux dès 2020 avec les premiers vols commerciaux pour touristes. Tout est prêt, ou presque, ne manque que quelques ultimes vols d’essai. Dans le désert du Nouveau-Mexique (États-Unis), le «spaceport» Americas est déjà construit. Il accueillera durant quatre jours les candidats au grand frisson qui, après les indispensables séances de préparation, prendront place à bord du «SpaceShipTwo».

Club très fermé

Le vaisseau, mi-fusée mi-avion, peut emporter six passagers et deux pilotes. Largué par l’avion porteur White Knight Two, il embarquera les heureux élus à trois fois la vitesse du son pour un voyage suborbital à environ 90 km d’altitude. Largement suffisant pour évoluer dans le noir de l’espace, voir la courbure de la Terre, et flotter quelques minutes en apesanteur. Le coût de l’escapade? 250 000 dollars - pour faire partie du club encore très fermé des humains ayant séjourné dans l’espace, soit 550 personnes à ce jour, depuis Youri Gagarine en 1961.

Fortunes de 10 millions

Un prix qui met le saut de puce à portée des fortunes de plus de 10 millions, estime Virgin Galactic, qui a déjà pré-vendu 600 billets à des touristes potentiels de 58 pays, dont Justin Bieber et Leonardo DiCaprio. Elle a déjà encaissé 80 millions de dollars en cautions, et espère des rentrées de 120 millions de dollars. Pour commencer. Car quelque 2500 personnes sont déjà sur liste d’attente. Afin d’accélérer le mouvement, Richard Branson, qui a financé seul Virgin Galactic depuis sa fondation en 2004, a décider d’entrer en Bourse. Le fonds Social capital Hedosophia, déjà coté à New York, entrera au capital à hauteur de 49%, injectant au passage 800 millions de dollars. L’homme d’affaires britannique avait déjà reçu un milliard de dollars en 2017 de la part du fonds souverain d’Abu Dhabi.

«Abordable»

Le «trip» est donc devenu – relativement – abordable, si l’on compare avec les 20 millions de dollars qu’avait dû débourser le milliardaire américain Dennis Tito, qui était devenu le premier touriste spatial en 2001. Son voyage avait duré 7 jours, à bord de l’ISS, la Station spatiale internationale. En 2009, le Québécois Guy Laliberté, fondateur du Cirque du Soleil, avait déboursé près de 35 millions de dollars pour une virée du même type. Des vols organisés par la société américaine Space Adventure, en collaboration avec l’Agence spatiale russe, qui emmène les candidats à bord de Soyouz.

Autour de la Lune

Mais Virgin Galactic n’est pas seule sur les rangs. Son principal concurrent n’est autre que Blue Origin. La société de Jeff Bezos, patron d’Amazon, a mis au point la fusée New Shepard, qui promet d’emmener les amateurs, six également, encore plus haut, passé les 100 km, soit le début officiel de l’espace selon la convention internationale, les États-Unis la fixant à 80 km. Les douze minutes d’extase seraient encore moins chères, environ 200 000 dollars. Jeff Bezos a mis pas moins de 500 millions de dollars pour fonder Blue Origin. Il déclarait en 2017 injecter un milliard par an (actions Amazon) pour financer son programme spatial. De son côté, Elon Musk ne reste pas inactif avec Space X et sa fusée réutilisable Falcon 9. Il vise également des vols suborbitaux, mais uniquement commerciaux jusqu’à nouvel ordre. Car le patron de Tesla voit plus loin, dans l’optique d’un jour coloniser Mars. La BFR, ou Big Falcon Rocket, actuellement en construction, devrait emmener en 2023 le milliardaire japonais Yusaku Maezawa, qui a d’ores et déjà réservé son billet. Le prix, selon les déductions d’experts, pourrait avoisiner les 250 millions de dollars. Peu regardant, M. Maezawa est prêt à offrir six autres tickets à des artistes afin qu’ils rendent compte à leur manière de cette expérience unique.

Engins réutilisables

Space X utilise aussi des engins réutilisables, capables de revenir à quelques kilomètres du lieu de décollage. C’est la clef de cette nouvelle industrie, et l’explication de tarifs qui continueront de baisser à l’avenir, selon une étude d’UBS (voir encadré). En effet, l’avion porteur et la navette de Virgin Galactic reviennent tous deux sur Terre, de même que le lanceur et la capsule de Blue Origin, ce qui n’était pas le cas des fusées traditionnelles de la course à la Lune, ni des lanceurs propulsant les navettes spatiales américaines. Une économie sur le «hardware» qui change tout. Y compris pour les vols commerciaux ou scientifiques, effectués pour les agences spatiales officielles, ou des compagnies privées, à des fins d’expériences scientifiques ou pour le lancement de satellites.

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