Téhéran refuse de croiser l’armada Trump à Davos

SommetL’espoir d’une rencontre irano-américaine lors du sommet du World Economic Forum la semaine prochaine vole en éclat.

Le patron du WEF, Klaus Schwab, doit gérer la venue de près de 1700 patrons et une cinquantaine de chefs d’État la semaine prochaine dans la station grisonne.

Le patron du WEF, Klaus Schwab, doit gérer la venue de près de 1700 patrons et une cinquantaine de chefs d’État la semaine prochaine dans la station grisonne. Image: AFP / Fabrice Coffrini

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La géopolitique – plus particulièrement la «crainte d’une escalade au Moyen-Orient» – est le premier thème du sommet de Davos qui a été mis en avant mardi par Borge Brende, président du World Economic Forum (WEF), lors de la présentation du programme de la manifestation. Avec l’espoir de mobiliser responsables gouvernementaux et milieux économiques afin de «discuter de la situation en Syrie, en Irak mais aussi en Libye», a précisé ce dernier.

«Un espace sûr»

Basée à Genève, l’organisation fondée par Klaus Schwab, qui fête cette année son demi-siècle, dit œuvrer pour l’amélioration de la coopération entre les gouvernements et le secteur privé. Ses responsables présentent la réunion annuelle – qui verra converger près de 1700 patrons et une cinquantaine de chefs d’État la semaine prochaine dans la station grisonne – comme un «espace sûr permettant le dialogue pour contribuer à résoudre les problématiques les plus urgentes».

Ces discussions se feront pourtant sans l’un des acteurs clefs de la crise majeure qui a bien failli éclater aux premiers jours de l’année au Moyen-Orient: l’Iran, dont l’influence en Syrie et en Irak en fait un acteur incontournable à toute discussion.

Aucun officiel iranien

Le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, était attendu dans la station alpine suisse. L’annonce de l’annulation de sa participation est finalement tombée mardi matin. Une absence expliquée par «la situation incertaine en Iran», selon la réaction, quelques heures plus tard, du président du WEF.

De quoi faire disparaître l’espoir d’une éventuelle rencontre avec des membres de la délégation américaine évoqué ces derniers jours, alors que les tensions restent vives dix jours après la mort du général iranien Qassem Soleimani dans un tir de drone américain, puis après les missiles en représailles contre des bases de l’US Army en Irak.

Parmi les participants au Forum de Davos mis en avant mardi, pas un ne provient de la République islamique. Les responsables du WEF ont tenté de rappeler que les présidents irakien et afghan, ainsi que le responsable du Kurdistan irakien ou le premier ministre de l’Autorité palestinienne, seront par contre de la partie.

Ce n’est pas la première fois que les attentes d’une rencontre au sommet à l’occasion d’une réunion internationale sont douchées. Fin septembre, le président Rohani n’avait finalement pas parlé à son homologue américain lors de son déplacement à New York pour l’Assemblée générale des Nations Unies.

Donald Trump en vedette

Le président Donald Trump, qui avait annulé sa présence à quelques jours de l’ouverture du Forum l’an dernier, reste en revanche attendu à Davos la semaine prochaine. Il emmènera une délégation officielle comprenant le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, et le représentant au commerce, Robert Lighthizer, ainsi que sa fille Ivanka et son gendre Jared Kushner, conseiller influent notamment sur le Moyen-Orient. Une délégation que l’on peut qualifier de très économique – sans le responsable des Affaires étrangères, Mike Pompeo, présent en 2019.

À défaut de rencontre avec les officiels iraniens, toutes les caméras traqueront, comme lors de l’assemblée des Nations Unies, toute proximité avec l’activiste environnementale Greta Thunberg, autre invitée vedette du sommet. L’adolescente suédoise est ainsi présentée sur le site du World Economic Forum aux côtés de Donald Trump comme l’un des deux principaux intervenants «de portée mondiale» attendus à Davos.

Créé: 14.01.2020, 23h40

Greta met les patrons sous pression

Greta Thunberg sera dès vendredi à Lausanne pour participer à une manifestation en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique, dont elle est devenue l’égérie. «Le monde est en état d’urgence», a scandé Klaus Schwab, le fondateur du WEF. L’institution a dit, mardi, vouloir orchestrer son propre programme visant à planter 1000 milliards d’arbres, dans la foulée des Nations Unies. La chancelière allemande, Angela Merkel, fera également le déplacement, comme la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Ni Boris Johnson ni Emmanuel Macron ne seront présents. Ce dernier s’apprête en revanche à recevoir, lundi à Versailles, des dizaines de patrons de multinationales en route pour Davos. P.-A.SA.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Genève féminise ses panneaux de signalisation
Plus...