Passer au contenu principal

États-UnisTaxe GAFA: Donald Trump menace le vin français

Le président américain a laissé entendre qu'il pourrait répliquer à la taxe sur les GAFA en s'attaquant au vin français.

Le président américain a fustigé «la stupidité» du président Emmanuel Macron.
Le président américain a fustigé «la stupidité» du président Emmanuel Macron.
Keystone

Donald Trump est monté au créneau vendredi contre la France et sa taxe sur les géants américains du numérique en dénonçant «la stupidité» du président Emmanuel Macron et menaçant de rétorsions le vin français, un des produits d'exportation tricolores les plus emblématiques.

«La France vient d'imposer une taxe du numérique à nos grandes entreprises technologiques américaines. Si quelqu'un devait les taxer, cela devrait être leur pays d'origine, les États-Unis», a tweeté le président américain.

«Nous annoncerons bientôt une action réciproque substantielle après la stupidité de Macron. J'ai toujours dit que le vin américain était meilleur que le vin français!» a ajouté l'hôte de la Maison Blanche, qui ne boit pas d'alcool.

La Maison Blanche a annoncé dans la soirée que MM. Trump et Macron s'étaient parlés par téléphone pendant la journée, ajoutant qu'ils avaient évoqué la taxe française sur les géants du numérique, mais sans préciser si les vins français étaient au menu des discussions entre les deux dirigeants.

«J'ai toujours préféré les vins américains aux vins français même si je ne bois pas de vin. J'aime leur aspect. Les vins américains sont super», a également déclaré vendredi le milliardaire républicain depuis le Bureau ovale.

De l'autre côté de l'Atlantique, la réaction n'a pas tardé: «La France mettra en œuvre ses décisions nationales», a réagi le ministre de l’Économie Bruno Le Maire. Le Parlement français avait définitivement adopté le 11 juillet l'instauration d'une taxe sur les géants du numérique, faisant de la France un pays pionnier en matière d'imposition des GAFA (acronyme désignant Google, Amazon, Facebook et Apple) et autres multinationales accusées d'évasion fiscale.

L'administration Trump avait annoncé la veille de cette décision qu'elle lançait une enquête pour mesurer les effets d'une telle taxe sur les entreprises américaines. Puis, lors du G7 en France il y a deux semaines, Paris et Washington avaient semblé réduire leur contentieux, les ministres des Finances évoquant alors des progrès vers un accord mondial sur la taxation du numérique.

«La taxation universelle des activités digitales est un défi qui nous concerne tous. Nous souhaitons parvenir à un accord sur ce sujet dans le cadre du G7 et de l'OCDE», a souligné vendredi Bruno Le Maire.

«Outils politiques»

Cette décision unilatérale «démontre le peu d'engagement de la France dans les négociations en cours avec l'OCDE», a pourtant jugé vendredi depuis Washington un porte-parole de la Maison Blanche, Judd Deere. «L'administration Trump a toujours affirmé qu'elle ne resterait pas les bras croisés et ne tolérerait aucune discrimination à l'encontre des entreprises américaines», a-t-il mis en garde dans un communiqué.

Le représentant américain au commerce (USTR) a déjà lancé une enquête sur les effets éventuels de cette taxe, a-t-il rappelé. Et, l'administration Trump «examine de près tous les autres outils politiques.»

La taxe GAFA crée une imposition des grandes entreprises du secteur non pas sur leur bénéfice, souvent consolidé dans des pays à très faible fiscalité comme l'Irlande, mais sur le chiffre d'affaires, en attendant une harmonisation des règles au niveau de l'OCDE.

Plus tôt, le principal conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow, avait qualifié cette taxe de «très, très grosse erreur». «Nous ne sommes pas contents que la France soit allée de l'avant avec cette sorte d'impôt sur le numérique», avait-il dit sur la chaîne CNBC.

La taxe GAFA impose ces entreprises à hauteur de 3% du chiffre d'affaires réalisé en France notamment sur la publicité ciblée en ligne, la vente de données à des fins publicitaires et la mise en relation des internautes par les plateformes. Cette solution a vocation à n'être que temporaire dans l'attente d'un aboutissement de négociations internationales.

AFP

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.