«TAG Aviation tient le choc grâce à ses employés»

AéronautiqueLe géant lémanique des jets d’affaires fête ses 50 ans. Rencontre avec son propriétaire, l’homme d’affaires Mansour Ojjeh

Mansour Ojjeh, fils aîné de l’homme d’affaires et multimilliardaire saoudien Akram Ojjeh, est le propriétaire de TAG Aviation depuis 1998.

Mansour Ojjeh, fils aîné de l’homme d’affaires et multimilliardaire saoudien Akram Ojjeh, est le propriétaire de TAG Aviation depuis 1998. Image: Magali Girardin

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Alors que le Salon Ebace – le grand rendez-vous annuel de l’aviation d’affaires européenne – ouvre ses portes ce matin à Palexpo, TAG Aviation, le plus grand employeur du secteur à Genève, a fêté lundi soir son demi-siècle d’existence à l’autre bout de la piste de Cointrin. Cinquante ans, dont près de vingt aux mains de Mansour Ojjeh, fils aîné de l’homme d’affaires et multimilliardaire saoudien Akram Ojjeh. En 1998, Mansour Ojjeh vient alors de revendre TAG Heuer et décide de racheter la société genevoise Aeroleasing, qui sort d’une sévère restructuration. «Représentant de Bombardier au Moyen-Orient depuis 1977, nous connaissions le secteur», se souvient le propriétaire du groupe TAG, ses éternelles lunettes teintées bleu azur sur le nez.

Lundi, les rafales balayant le tarmac derrière TAG Aviation étaient aussi fraîches que celles battant le secteur depuis plus de six ans. Au Salon Ebace, le patron de Dassault, Eric Trappier, s’est inquiété de la centaine d’appareils supplémentaires disponibles à la vente en Europe au cours des trois derniers mois. Et, «plus inquiétant encore», de la baisse de 10% de leurs prix qui en vient à affecter ses propres tarifs. Les spécialistes de Gama Aviation rappellent, eux, que 526 avions privés sont à vendre en Europe, soit environ le dixième de la flotte. Quant à ceux de GlobalJet Capital, ils soulignent qu’entre 2011 et 2015, il s’est vendu en Europe 35% d’appareils en moins qu’au cours des cinq années précédentes. «C’est une industrie cyclique, mais le cycle commence à être un peu long», sourit le propriétaire de TAG Aviation, société dont la moitié des recettes sont tirées de la maintenance. «Cela va revenir, les fabricants promettent l’arrivée de 10 000 avions dans les dix ans à venir», esquisse celui qui est né à Genève en 1952.

Est-il cependant encore possible d’assurer la maintenance des appareils à Genève alors que le franc fort a fait bondir la facture? «Bien sûr que c’est un coup sur la tête et bien sûr que nous avons perdu de grosses maintenances, mais les efforts de nos 436 employés – pas de bonus, la semaine de travail qui passe de 40 à 42 heures – nous ont permis de tenir le choc», relate celui dont la holding familiale est également actionnaire de l’aéroport de Farnborough. Et qui représente l’un des piliers de McLaren Automotive, le constructeur britannique qui vient chasser sur les terres de Ferrari. «Ces voitures, j’en parlais déjà avec [le légendaire propriétaire d’écurie de F1] Frank Williams dans les années 80, cela nous aura pris du temps avec Ron [Dennis, fondateur de Mc Laren]», soupire Mansour Ojjeh, installé à Genève avec sa famille.

Genève-Paris à 1230 euros

Combien ça coûte, un avion? Réponse avec LunaJets, courtier genevois spécialisé dans la recherche de vols au meilleur prix. En Europe, Paris-Genève est le trajet le plus fréquenté par les avions d’affaires. Un vol sur un appareil quatre places, de type Cessna Citation Mustang, démarre à 4950 euros l’aller-retour sur la journée. Soit 1230 euros par tête, trois fois et demie le TGV en première. Un week-end en Sardaigne sur une Costa Smeralda sans liaison régulière directe avec Genève – il faut faire escale à Milan? «Imaginons un vol pour Olbia vendredi à 17 h, pour un retour dimanche soir; il faut compter 13 000 euros pour un appareil de huit sièges comme un Learjet 45», décrit Eymeric Segard, patron de la PME. Soit l’aller-retour à 1625 francs par tête. Ensuite, il y a les petits trucs. Comme profiter d’un avion quatre places remontant à vide vers Paris – on peut faire descendre l’aller simple à 2000 euros. Ou de s’essayer au coavionnage. «La semaine dernière, une famille de quatre qui rejoignait Marrakech en avion huit places a proposé un siège vide pour 900 euros. Cela a réduit sa facture d’autant», relate le responsable de LunaJets. Dassault à l’affût

Le patron de Dassault Aviation est à Genève pour promouvoir le 8X, triréacteur capable de joindre Singapour ou Maurice et mis en vente cet automne (environ 60 millions de dollars). Croisé au salon EBACE, Eric Trappier évoque aussi les suites de l’échec de la vente du chasseur Rafale en Suisse. «Tout recommence; on parlait alors de remplacer les [antiques] F5, mais lorsque le sujet reviendra il s’agira de changer les F/A-18, ce qui place beaucoup mieux le Rafale», espère Eric Trappier. Réinstallant un bureau à Berne, il évoque des contacts «réguliers et informels avec les autorités».

(TDG)

Créé: 23.05.2016, 22h12

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