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La Suisse va manquer de bras dès 2021

Les baby-boomers commencent à partir à la retraite, observe le Credit Suisse. Attention, danger.

Sara Carnazzi-Weber, économiste au Credit Suisse, analyse le déferlement de départs à la retraite attendu ces prochaines années.
Sara Carnazzi-Weber, économiste au Credit Suisse, analyse le déferlement de départs à la retraite attendu ces prochaines années.
Pierre Albouy

Ça va coincer. La Suisse va manquer de bras avec le déferlement de départs à la retraite des baby-boomers attendus ces prochaines années. «Dès 2021, il y aura plus de départs que d’entrées sur le marché du travail», révèle Sara Carnazzi-Weber, économiste au Credit Suisse.

Le phénomène est inexorable. «L’écart va se creuser dans les années à venir pour atteindre un niveau de 18 500 sortants au plus haut de la vague de départs à la retraite des baby-boomers en 2029, indique l’économiste. Environ 1,1 million de personnes vont ainsi atteindre l’âge de la retraite dans les dix années à venir.» Un élément central qui fait craindre une pénurie de main-d’œuvre, à l’heure où le taux de chômage atteint un petit 2,1% dans le pays.

Ces craintes vont dans le même sens que celles d’une récente publication d’UBS. La grande banque disait s’attendre à ce que l’économie suisse crée près de 530 000 postes de travail au cours des dix prochaines années, alors que seules 200 000 personnes vont débarquer sur le marché de l’emploi dans le pays. Cela va créer un déficit de 330 000 travailleurs qu’il faudrait combler.

Revenons à l’étude du Credit Suisse. Toutes les branches d’activité ne seront pas touchées avec la même intensité. Nés entre 1946 et 1964, les baby-boomers sont particulièrement nombreux dans l’agriculture et la sylviculture, «presque 35% des effectifs». Ce chiffre grimpe à presque 62% si l’on inclut «les personnes issues des années à forte natalité», soit celles nées avant 1974. Sensibilité extrême, donc.

Des secteurs économiques du secondaire et du tertiaire seront également touchés. «Les services administratifs et sociaux (y compris la santé), l’industrie traditionnelle et les transports», souligne Sara Carnazzi-Weber. La pénurie de main-d’œuvre semble menacer.

L’automatisation va aider

Les solutions? L’automatisation devrait permettre d’améliorer en partie les choses, notamment dans les domaines liés à l’industrie. «Aujourd’hui déjà, 25% des PME suisses misent expressément sur la numérisation et l’automatisation pour lutter contre la pénurie de spécialistes», relève-t-elle.

Mais tous les domaines ne sont pas égaux face à la technologie. La situation sera particulièrement délicate dans la santé, dont les besoins vont aller croissant avec le vieillissement de la population. «Même s’il existe déjà des robots dans le domaine de la santé au Japon», nuance un peu l’économiste.

Pousser à rester en entreprise au-delà de l’âge de la retraite constituerait aussi une piste. Mais seule une minorité de PME y songent en Suisse. «Seulement une sur quatre, selon les résultats de notre enquête», détaille-t-elle. Les gens n’y semblent par ailleurs guère favorables. «Seuls 7% des seniors âgés de 66 à 74 ans se disent intéressés par un maintien en emploi au-delà de l’âge de la retraite.» Guère positif pour la suite.

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