En Suisse, les géants de l’audit recrutent en masse

Services aux entreprisesLes poids lourds anglo-saxons de l’audit et du conseil sont en plein essor. Au contraire des concurrents locaux.

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Ils recrutent à tour de bras. Même pendant les années de crise, ils ne cessent d’embaucher. Les grands cabinets d’audit et de conseil vivent des années en or. «Ils font partie des rares entreprises qui engagent systématiquement, je le vois chaque année avec mes étudiants», indique Stéphane Garelli, professeur à l’UNIL et à l’IMD.

KPMG a annoncé des résultats records au début du mois. Deloitte vient de déménager dans des bureaux flambant neufs à Genève. EY et PwC ont communiqué cet automne des chiffres impressionnants. Idem pour BDO, un réseau de cabinets en voie de transformer le big four en big five.

Fusions, fiscalité, contrôles

Tous profitent d’un climat favorable: réglementations accrues, fiscalité changeante, fusions et acquisitions en effervescence, globalisation. Les lois suisses leur fournissent un terreau solide: depuis 2008, toute PME de dix employés ou plus doit se soumettre à un audit annuel restreint. Pour les groupes de plus de 250 salariés et de 40 millions de chiffre d’affaires, une surveillance plus importante – dite «ordinaire» – est requise.

L’essor des grands de l’audit – aussi important en Suisse romande qu’à l’échelon national et dans le monde – ne constitue pas un indicateur conjoncturel. «Les tâches de contrôle et de révision sont en hausse, notamment auprès des sociétés internationales et des banques», indique Jenny Asprion, partenaire chez PwC. EY – qui entend doubler ses effectifs entre 2012 et 2020 – a intensifié sa présence dans l’arc lémanique, où sont recensés des clients financiers, dans le négoce et parmi les organisations internationales.

«La zone de l’EPFL et la Suisse romande sont un vivier d’entreprises des sciences du vivant, secteur pour lequel EY possède un grand savoir-faire», commente un porte-parole. La demande en audits informatiques a également explosé, alors que les sociétés craignent les piratages. Les activités de conseil aussi, dans un contexte qui voit toujours plus de sociétés se rapprocher.

Les acquisitions, on connaît chez BDO. La société reçoit régulièrement des offres de rachat de petits fiduciaires. «On en intègre bon an mal an entre trois et quatre par an», indique René-Marc Blaser, directeur de la région Suisse romande de BDO.

Le marché se consolide. Les exigences accrues, surtout sur les contrôles ordinaires, freinent les ardeurs des petites sociétés. Une spécialisation toujours plus pointue effraie les entités de petite taille, qui ne peuvent se permettre un spécialiste par domaine. «Il y a trente ans, on pouvait se targuer d’être un généraliste de l’audit, ce n’est plus le cas désormais», poursuit René-Marc Blaser.

La résistance des petits

«Des petits se démarquent tout de même», selon Jacques Bally, vice-président d’Alliance finance, une association défendant les intérêts des PME de la finance. «Ils doivent alors être très spécialisés, travailler en réseau avec d’autres spécialistes, auprès des PME.» Bally Capital Advisors, son entreprise de gestion de fortune basée Saint-Sulpice (VD), collabore ainsi étroitement avec des cabinets spécialisés dans l’audit, la comptabilité, FATCA et la FINMA.

De leur côté, les géants de l’audit servent souvent de tremplin aux jeunes générations, qui y acquièrent une expérience et qui bénéficient de solides formations continues. L’an dernier, les deux tiers des nouveaux embauchés d’EY avaient moins de 30 ans. (TDG)

Créé: 09.12.2015, 21h45

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