Le stress au travail augmente, constate le SECO

SuisseLes conditions de travail se sont détériorées, comme le montre une étude du Secrétariat d’État à l'économie auprès de 400 entreprises.

Le travail de nuit est perçu comme un facteur aggravant de stress.

Le travail de nuit est perçu comme un facteur aggravant de stress. Image: Keystone

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Le Secrétariat d’État à l'économie (SECO) a réalisé une étude sur les conditions de travail. Ses premiers résultats ont été dévoilés en avril dans une document de quatre pages que le Tages-Anzeiger s'est procuré.

Plus de 400 entreprises en Suisse ont été approchées à cette occasion, des PME pour la moitié avec des effectifs allant de 20 à 200 personnes. Un tiers étaient des grosses entreprises et 12% des firmes de moins de 20 personnes. Les résultats de cette étude, d'une durée de quatre ans et qui doit s'étendre jusqu'en 2018, seront publiés «après finalisation», a indiqué le SECO.

Le Secrétariat d'Etat n'a toutefois pas voulu préciser si le questionnaire avait été rempli par des employés ou des responsables du personnel.

La pénibilité du travail a bondi

Les premiers résultats s'attardent sur le stress et ses causes. Il est généré chez 61% des sondés par le contact avec des clients difficiles. Et pour 43%, ce sont les heures de travail pénibles.

Ce second chiffre interpelle Brigitta Danuser, professeure lausannoise à la médecine du travail. «C'est incroyablement élevé», en rappelant qu'une étude sur le stress au début du millénaire montrait des valeurs inférieures à 20%. «J'observe une énorme croissance des causes liées au stress pour les maladies au travail», a déclaré celle qui fait également partie de la Commission fédérale du travail.

Quant aux heures de travail, elles ont reculé jusqu'au milieu des années 90 avant de repartir à la hausse, précise Brigitta Danuser. «Avec une semaine de 50 heures, les maladies liées au travail sont détectables. Dès 60 heures, les troubles augmentent, ainsi que le taux de mortalité.» Trop exiger du corps se paie tôt ou tard car les employés travaillent moins, moins intensément, leur rythme baisse quand ils ne tombent pas malades.

De multiples sources

Le stress causé par les clients interpelle tout autant la professeure. La relation avec les employés s'est en effet tendue ces dernières années parce que les clients exigent la performance promise. «Les enfants apprennent dès qu'ils sont petits que celui qui réclame le plus obtient davantage. C'est ce qu'ils font plus tard à l'âge adulte en tant que clients.»

L'augmentation du stress ne concerne pas que le monde du travail puisqu'il peut être également généré par des temps de trajets plus longs pour les pendulaires ou encore par la pénibilité croissante des tâches à la maison. Comme la femme au foyer tend à disparaître, des activités comme les repas, les lessives ou encore les courses deviennent des facteurs de stress, ajoute Brigitta Danuser.

Des milieux patronaux dans l'expectative

Selon l'Union suisse des arts et métiers (usam), les PME sont moins touchées, étant plus flexibles et pouvant trouver rapidement une solution. «Les problèmes évoqués concernent plutôt les grandes structures», estime son porte-parole Bernhard Salzmann.

L'Union patronale suisse (UPS) peine à juger les sources de stress, parce que l'étude du seco n'est pas encore bouclée. Elle ne montre pas quel travail provoque ces symptômes de stress, souligne le responsable du dossier Simon Wey. Certains postes ne peuvent échapper au contact avec les clients, comme les Hotline, ajoute-t-il.

Plus que huit heures de repos par jour?

L'étude appelle à davantage de prévention dans certains milieux, ce qui fait bondir les syndicats. Elle ne suffit pas, surtout en cas de risques psychiques. «Les conséquences peuvent être des taux de Burn-out en hausse dans certaines branches de services», prévient Luca ­Cirigliano de l'Union syndicale suisse (USS). Quant à Travailsuisse, elle ne souhaite pas s'exprimer sur l'étude du SECO.

La fuite de cette étude tombe mal pour le conseiller aux Etats Konrad Graber (PDC/LU). Il veut en effet faire supprimer l'interdiction de travailler le dimanche et assouplir les règles pour les temps de repos et le travail de nuit. Il aimerait en autres limiter le temps de repos à huit heures pas jour. (nxp)

Créé: 28.09.2016, 12h15

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