Une start-up sort un jeu inédit grâce à l’Université

Jeux vidéoEverdreamSoft, qui malgré son succès et comme de nombreuses autres start-up suisses peine à trouver des investisseurs, s’est tourné vers d’autres formes de soutien.

Homepage de la société EverdreamSoft.

Homepage de la société EverdreamSoft. Image: dr

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Un jeu vidéo inédit. Tel est le résultat d’une collaboration entre l’Université de Genève et la start-up du bout du lac EverdreamSoft. La dernière version de Moonga, un deck électronique désormais non seulement virtuel mais aussi physique, sort sur smartphones et tablettes et dans les magasins, où ses précieuses cartes seront bientôt disponibles. On pourra jouer dans deux univers, celui des atomes avec ses voisins et celui des «bits» entre internautes. Et passer de l’un à l’autre sans changer de partie en un claquement de doigts.

TaM, de l’Institut de sciences des services de l’Unige (lire ci-contre), et la société genevoise Tegona ont permis au «game», dont la première version a été créée en 2006 par le fondateur d’EverdreamSoft alors étudiant, Shaban Shaame, d’entrer dans une nouvelle dimension. «Nos recherches permettent de combiner les espaces virtuels et physiques, lance Michel Deriaz, fondateur du TaM. Les cartes, équipées de puces par Tegona, sont géolocalisées de façon sûre et précise.» Le but de Moonga consiste à conquérir des territoires, un peu comme dans le jeu de société Risk. «A une différence près, précise Shaban Shaame. Notre plateau, c’est la Terre, la vraie.»

Si un aventurier veut obtenir Carouge, il doit s’y rendre physiquement ou se lier avec un résident de la cité sarde. Idem pour le Japon, où Moonga a connu ses premiers succès. En 2010, avec 10 000 téléchargements par mois, il était même le jeu de rôle le plus prisé de l’archipel. Aujourd’hui, c’est en France que l’application sort du lot. Dans le monde, elle a été téléchargée 250 000 fois.

Moonga a adopté un modèle économique dit «freemium»: son acquisition est gratuite, mais des options sont payantes. Selon une étude, 4% des joueurs consentent à débourser dans ce cadre; un franc par transaction, des statistiques valables pour Moonga. Quelque 700 mobinautes s’y connectent chaque jour, ce qui assure des entrées au quotidien. «On a gagné 200’000 francs depuis 2010. Mais on peut faire beaucoup mieux», selon Shaban Shaame pour qui l’arrivée de son bébé dans le monde des atomes doit servir de tremplin vers le marché américain. Le potentiel, selon lui, est immense.

Les difficultés aussi. EverdreamSoft, soutenue en ses débuts par le réseau AlpICT, conseillée par l’Office de promotion des industries et des technologies et qui fait partie des 100 meilleures start-up suisses selon Startup.ch, peine à trouver un deuxième round de financement. Les compétences, techniques, artistiques et publicitaires, que Shaban Shaame a sollicitées entre-temps pour passer à l’échelon supérieur, il a dû les lâcher. «On a beaucoup réduit les effectifs», dit-il.

C’est typiquement suisse, regrette Pierre Kladny, président de la section romande de la Swiss Private Equity and Corporate Finance Association: «Une start-up bénéficie vite d’aide au démarrage, par contre les investisseurs en Suisse n’osent pas continuer.» Le Neuchâtelois estime que cette frilosité, qui n’encourage guère l’innovation, est préjudiciable pour l’économie helvétique. «Le marché du game est très compétitif», renchérit Frédéric Fau, rédacteur en chef du magazine Jeuxvideo.com. Et pyramidal: Candy Crush Saga, le jeu en vogue, engrange 850 000 dollars par jour, selon ThinkGaming.com. En France, deux sénateurs ont proposé la semaine dernière d’instaurer une taxe pour soutenir cette industrie. Rien de tel sur sol helvétique où les studios de création se comptent sur les doigts de la main.

EverdreamSoft est du coup allée voir ailleurs. Le partenariat avec TaM, qui ne lui a presque rien coûté, a été essentiel. La jeune pousse mise aussi sur le financement participatif. La collecte de dons auprès d’internautes est en plein essor en Suisse. EverdreamSoft s’apprête à se lancer, sans doute sur le portail américain kickstarter. Le crowdfunding comprend de nombreux avantages: les foules, en manifestant leur intérêt, font office d’étude de marché (si elles paient, il y a demande). Et les masses peuvent se prononcer. Ce sont les voix des forums qui ont poussé Shaban Shaame à créer des cartes connectées. Pour l’instant, 6000 exemplaires ont été imprimés. Shaban Shaame espère arriver à moyen terme à 400 000 téléchargements par mois et, dans cinq ans, à un chiffre d’affaires de dix millions de francs. (TDG)

Créé: 27.09.2013, 18h01

TaM, cette équipe qui cartonne

«Travelling and Mobility» (TaM). Ainsi s’appelle l’équipe de recherche de l’Institut de science des services à l’Unige spécialisé dans les applications de navigation et de positionnement. Lancé en 2012 par un post-doctorant, Michel Deriaz, TaM ne cesse de grandir. Son équipe installée à Battelle comptera un onzième collaborateur en novembre. Onze pour un groupe d’étude universitaire, c’est rare. Un signe de succès. «Quand j’ai une idée et qu’elle est bonne, je lance un projet et cherche des fonds», explique Michel Deriaz. Des idées? Du guide de musée géolocalisé aux applications pour seniors, elles regorgent. L’association avec EverdreamSoft a été soutenue à hauteur de 300 000 francs par la Commission pour la technologie et l’innovation (CTI). TaM collabore avec des nombreuses start-up en manque de levier et de plus-value.

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