Les soupçons sur l'argent russe de l’Estonie font vaciller la Danske Bank

DanemarkDes opérations totalisant 150 milliards sont passées au peigne fin. Combien ont relevé du blanchiment?

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L’affaire hante la plus importante banque du royaume du Danemark depuis des années. Les chiffres apparus ces derniers jours dans la presse anglo-saxonne donnent une idée de l’ampleur des soupçons de blanchiment entourant la petite filiale estonienne de Danske Bank. De quoi défier les précédents records en la matière. Et faire pâlir les précédents scandales du genre apparus, par exemple, en Suisse.

Cela fait un an que la vénérable institution nordique passe au peigne fin l’ensemble de ses activités en Estonie entre 2007 et 2015; mobilisant pour cela des «médecins légistes comptables» de grandes firmes d’audit, des avocats et une société informatique spécialisée dans le filtrage de bases de données. Afin de vérifier combien de ces dépôts auraient pu être constitués d’argent sale destiné à être blanchi dans un pays Balte faisant partie de l’Union européenne depuis 2004.

150 milliards sous la toise

Alors que les conclusions de cette enquête interne sont attendues avant la fin du mois, le «Wall Street Journal» chiffrait dès vendredi à 150 milliards de dollars (!) l’ensemble des opérations bancaires traitées durant ces neuf années par cette filiale pour le compte de sociétés ayant des liens avec la Russie.

Quelques jours plus tôt, le «Financial Times» avait de son côté signalé que – sur la seule année 2013 – l’antenne de Danske Bank en Estonie s’était vu confier près de 30 milliards de dollars en provenance des pays de l’ex-URSS.

«Il est clair que les problèmes liés à [cette clientèle] sont plus importants que prévu»

Des montants qui dépassent l’entendement. À titre de comparaison, ces 150 milliards équivalent à tous les profits déclarés par les sociétés russes l’an dernier. Autre repère, la Banque mondiale estimait il y a quelques années entre 20 et 40 milliards de dollars les avoirs cachés par les dictateurs du globe hors de leurs pays. Quant à une affaire emblématique comme celle des démarchages d’UBS dans l’Hexagone au cours de la dernière décennie, elle porte sur des dépôts d’une dizaine de milliards de francs dissimulés au fisc.

Combien d’argent blanchi?

Quelle proportion de cette montagne de transactions reflète des opérations illégales de blanchiment? L’enquête interne et surtout la justice danoise tenteront de l’éclaircir. «Il est clair que les problèmes liés à [cette clientèle] sont plus importants que prévu […] Cependant, toute conclusion ne devra être tirée que de faits vérifiés et non d’informations partielles sorties de leur contexte», tempère la banque sur son site Internet.

Toute l’affaire est partie, à la fin de 2013, de la dénonciation en interne d’un «whistleblower» qui pointait du doigt l’absence de contrôles de la clientèle étrangère au sein de la filiale estonienne. Ces comptes ont ensuite été progressivement fermés au cours des deux années suivantes. En mai dernier, les manquements de Danske Bank avaient été sévèrement épinglés par l’autorité de supervision bancaire danoise. La justice estonienne puis celle du Danemark sont entrées dans la danse cet été. (TDG)

Créé: 10.09.2018, 19h17

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