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Industrie automobileSituation peu réjouissante pour les professionnels

Après une année 2015 faste en termes de ventes, l'automobile suisse fait face à une saturation du marché.

Les garagistes sont au point mort, les importateurs en marche arrière et les indicateurs au rouge.

«Il n'y a rien à gagner de la vente de véhicules neufs», explique François Steiert, patron du Garage Bellevue à Lucens (FR). «Même le marché de l'occasion ne va pas fort. J'aimerais pouvoir reprendre les voitures, mais la banque refuse de me prêter les fonds nécessaires».

Même son de cloche du côté du Garage du Carrefour à Crissier (VD). «Avant la clientèle venait, maintenant c'est à nous d'aller la chercher», relève le patron du lieu, Alexander Crisostomo.

«Le rendement des garages et leur situation financière se sont dégradés depuis plusieurs années», note Urs Wernli, le président de l'Union professionnelle suisse de l'automobile (UPSA). Il met en cause le franc fort et la compétitivité qui s'est accrue à la fois à l'interne et à l'externe.

Bien que les ventes de véhicules aient gagné en volume durant 2015 ( 7,6% pour les voitures de tourisme), leur prix a aussi fortement diminué afin de suivre la dépréciation de l'euro. Il est question d'une baisse de 15 à 18% selon le rapport de FIGAS, l'association fiduciaire de la branche automobile.

Baisse des marges

Les marges se sont rétrécies, «subissant de fortes pressions», explique Urs Wernli. «Depuis plusieurs années, bon nombre d'entreprises atteignent une rentabilité faible et insatisfaisante». Un manque à gagner qui a toutefois pu être en partie compensé par le volume important des ventes, explique quant à lui, François Launaz, le président d'auto-suisse.

L'organisme faîtier des importateurs de véhicules table sur une baisse des nouvelles immatriculations de l'ordre de 5% pour cette année, même si selon son président, «il est très difficile de faire des prévisions».

La projection réalisée par BAKBASEL est moins réjouissante pour 2016. L'institut bâlois de recherches économiques prévoit en effet un repli marqué des nouvelles immatriculations de voitures de tourisme de 8,1 %.

L'essai franchise

Face à cette situation compliquée, les garagistes indépendants tentent de trouver de nouvelles solutions afin d'évoluer, notamment en s'affiliant à des franchises.

C'est le système que François Steiert et Alexander Crisostomo ont choisi avec l'enseigne Garage plus. La marque compte plus de 260 garages en Suisse. Contre une cotisation mensuelle (240 et 280 francs), elle propose un suivi marketing, des pièces de rechange moins chères ou la conclusion d'assurances et de garanties.

François Steiert s'est affilié à Garage plus il y a deux ans, dans le but de redynamiser son entreprise, «mais cela n'a rien changé», lance-il. «C'est toujours dur, il faut se battre et rien n'est facile».

Alexander Crisostomo n'est pas plus convaincu. «Je pensais attirer plus de clients grâce à l'enseigne, mais jusqu'à aujourd'hui, c'est zéro», explique le patron vaudois. «J'ai un contrat de trois ans. D'ici deux à ans, si la situation ne change pas, je serai obligé d'arrêter».

L'institut bâlois BAKBASEL n'est pas plus optimiste. Dans son rapport sur les perspectives conjoncturelles de la branche, il estime qu'en 2016, les ateliers suisses devraient subir une contraction de leur chiffre d'affaires de l'ordre de 1,3%.

Confiance dans le rétroviseur

Quant à auto-suisse, elle a dû supporter durant le mois de juillet une baisse des immatriculations de voitures de tourisme de 13,7% par rapport au même mois 2015. Sur les sept premiers mois de l'année, la baisse se situe toutefois à 4,1%.

Pour le président de l'association, François Launaz, il ne s'agit pas d'une situation préoccupante. «Suite à l'abandon du taux plancher, nous avons dû effectuer beaucoup de livraisons, c'était vraiment une année exceptionnelle». Prendre l'année 2015 en référence serait donc une mauvaise idée.

«Il n'existe pas de statistiques sur la baisse des prix des véhicules et des marges. Toutefois, même avec un marché à 300'000 unités, la situation reste normale et habituelle pour la Suisse», conclut François Launaz.

Perte d'emplois

Selon les chiffres de l'Office fédéral de la statistique (OFS), par rapport au même trimestre de l'année précédente, 518 places de travail ont disparu, soit une baisse de 0,6% sur un total d'un peu plus de 80'000 postes en équivalent plein temps.

L'UPSA précise que pour l'instant, sur ses 4000 membres, seul un seul a dû déclarer faillite en 2016.

ats

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