Le Romand n’aurait pas le «gène entrepreneurial»

RöstigrabenSelon la NZZ am Sonntag, le Suisse romand mettrait plus de temps à retrouver un job et serait moins enclin à créer sa société.

L'EPFZ, dont l'étude en collaboration avec l'Université de Zürich a mis le feu aux poudres.

L'EPFZ, dont l'étude en collaboration avec l'Université de Zürich a mis le feu aux poudres. Image: Keystone

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Des étoiles aux planètes, en passant par la vie humaine, tout est cyclique dans l’univers. Et la presse suisse n’y échappe pas. Sept ans après la Une de la «Weltwoche» qui traitait les Romands de «Grecs de la Suisse», c’est donc au tour d’un dominical de renom d’en remettre une couche. Dimanche la «NZZ am Sonntag» attaquait son cahier économique avec un article titré «Les Romands créent moins d’entreprises et mettent plus de temps à retrouver un travail».

Pour justifier ses propos, le journaliste de l’hebdomadaire dominical se base en premier sur des recherches publiées en 2017. Dans cette étude, il apparaît qu’il vaut mieux être de langue germanophone pour retrouver du travail rapidement. Surtout dans les cantons bilingues (Berne, Fribourg et Valais), là où s’était principalement portée l’attention de Beatrix Eugster, professeure à Saint-Gall, et Rafael Lalive, basé à l’Université de Lausanne.

En analysant 60 000 dossiers de chômeurs, les deux chercheurs ont calculé qu’en moyenne les francophones trouvent un nouvel emploi après 35 semaines, contre 28 semaines pour les Suisses allemands. Cette différence, ils l’attribuent à une approche étatique très différente. «Les Suisses allemands trouvent plus souvent un emploi de leur propre initiative. En Suisse romande, par contre, il est plus courant de passer par l’intermédiaire d’une agence pour l’emploi», explique Beatrix Eugster.

Ce sont toutefois les résultats d’une seconde étude, réalisée cette fois entre l’EPFZ et l’Université de Zurich, qui remettent le feu aux poudres. Cette fois, les recherches de Katharina Erhardt et de Simon Hänni se sont focalisées sur une question: Y aurait-il des origines favorables ou non à l’esprit entrepreneurial?

Dans leurs conclusions, il apparaît que la réponse est positive, puisque les Suisses bénéficiant de racines germano-suisses auraient 20% de chance de plus de créer un jour leur entreprise. L’étude va même plus loin, puisqu’elle estime que ceux qui auraient déménagé en Suisse romande – et vivant donc au contact des «Grecs de Suisse» – conserveraient ces 20% de chances en plus de devenir un jour leur propre patron. «Les Suisses alémaniques sont plus audacieux et ont une préférence plus marquée pour l’initiative dans leur profession», assurent les deux auteurs de l’étude.

Il n’en fallait naturellement pas plus pour énerver certaines personnalités romandes. «Ce qui me frappe toujours, ce sont les a priori presque culturels que nous avons en Suisse sur les régions du pays. Le Romand prend moins de risque, le Romand travaille moins, le Romand boit plus de vin blanc… Ce genre de bêtises, cela fait trente ans que je les entends», réagissait sur les ondes de la RTS Blaise Matthey, directeur de la Fédération des entreprises romandes.

Sans compter le fait qu’elles favorisent les a priori, les conclusions des deux chercheurs zurichois sont d’autant plus discutables que la Suisse doit une bonne partie de sa réussite à la présence d’étrangers. «La force et le succès d’une institution comme l’EPFL est d’être justement parvenue à développer un écosystème permettant d’intégrer des talents de toutes les nationalités», souligne pour sa part le conseiller national Fathi Derder.

Depuis des années, toutes les statistiques démontrent que «les Grecs de la Suisse» ont largement contribué à l’enrichissement du pays au cours de la dernière décennie et qu’ils sont bien au contraire devenus le moteur de la Suisse. «De Genève à Zurich, l’esprit entrepreneurial est excellent. En termes de croissance, de transferts technologiques, de dynamisme économique, nous sommes aujourd’hui un modèle pour la Suisse alémanique», conclut Fathi Derder.

Créé: 03.02.2019, 20h22

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