Passer au contenu principal

Malgré les risques, les privés misent sur la pierre

En quête de rendements, les particuliers investissent dans l'immobilier. Mais acheter pour louer n’est pas toujours rentable.

Photo d'illustration
Photo d'illustration
Chantal Dervey / Archives

«Actuellement, un logement sur six est acheté par des investisseurs privés et cela non pas avec l’objectif d’y vivre, mais bien de s’en servir comme source de rendement en le mettant en location», explique Sara Carnazzi-Weber, économiste au Credit Suisse. Au cours de la dernière décennie, influencée tant par des plateformes de type Airbnb que par des taux d’intérêt très bas (voire négatifs du côté de la BNS), ce type de financements dits «Buy-to-Let» est en plein essor en Suisse.

De quoi attirer l’attention des experts de la 2e plus grande banque du pays. Dans une étude parue mercredi, ces derniers ont analysé la rentabilité et la sûreté d’un tel placement pour un particulier. Première constatation, le modèle peut effectivement être source de revenus non négligeables. Pour l’exemple, l’étude du CS part du cas concret d’un bien acquis à Dietikon (petite commune près de Zurich) en échange de 333'000 francs de fonds propres. D’après les calculs des spécialistes de la banque, le rendement d’un tel objet tournerait autour de 4,3%.

Risques à prendre en compte

Mais attention, ce modèle n’est pas efficace partout. Dans les zones non urbaines par exemple, là où le marché fait face à une suroffre générale de logements, le risque de longs mois de vacance doit être pris en compte. Quant aux grandes agglomérations où le mètre carré est actuellement hors de prix, le risque est grand d’acheter un bien trop cher et donc source de faibles rendements. «En cas de retournement du marché et de remontée des taux, le risque de voir le bénéfice se transformer en perte n’est pas à négliger», souligne Sara Carnazzi-Weber.

L’envol des financements «Buy-to-Let», ces dernières années, a fini par alerter d’autres acteurs: les régulateurs de la FINMA et de l’Association Suisse des banques. «Nous signalons depuis longtemps des tendances à la surchauffe dans le domaine des immeubles de rendement résidentiels», écrivait l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers l’été dernier. Pour y remédier, cette dernière décidait que, pour les financements hypothécaires d’immeubles de rendement, «le preneur de crédit doit apporter au moins un quart de la valeur de nantissement sous forme de fonds propres, au lieu des 10% requis jusqu’ici.»

Paradoxalement, alors que le modèle «Buy-to-Let» a clairement le vent en poupe, le secteur immobilier est confronté à pénurie de logements en propriété. Si cette situation peut surprendre, elle s’explique par l’environnement persistant de taux négatifs. «Il rend en effet les PPE et maisons individuelles inabordables pour une grande partie des ménages suisses», explique Sara Carnazzi-Weber. Cette dernière rajoute que les promoteurs et investisseurs institutionnels préfèrent se tourner vers le locatif, un pan de l’immobilier actuellement bien plus lucratif.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.