Le rideau va tomber sur le rachat d'UPC par Sunrise

Télécoms Le groupe de télécommunications Sunrise saura mercredi s'il obtient l'augmentation de capital nécessaire à la reprise du câblo-opérateur.

Sunrise propose de débourser 6,3 milliards de francs pour racheter UPC à son propriétaire américain Liberty Global.

Sunrise propose de débourser 6,3 milliards de francs pour racheter UPC à son propriétaire américain Liberty Global. Image: Keystone

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Le projet contesté de rachat d'UPC Suisse par Sunrise va connaître son probable épilogue mercredi prochain. L'assemblée générale extraordinaire du numéro deux des télécommunications devra en effet se prononcer sur l'augmentation de capital qui doit permettre de financer cette opération.

Augmentation de capital

Sunrise propose de débourser 6,3 milliards de francs pour racheter UPC à son propriétaire américain Liberty Global. L'idée est de renforcer la position du groupe comme numéro deux derrière le géant bleu Swisscom. Pour financer l'opération, Sunrise propose à ses actionnaires une augmentation de capital de 2,8 milliards de francs.

Mais cette proposition ne fait, de loin, pas l'unanimité. Le plus gros actionnaire de Sunrise, l'allemand Freenet, est vent debout contre et il détient 24,5% de Sunrise. Son patron Christoph Vilanek critique le prix du rachat et juge trop élevée l'augmentation prévue de capital. Il estime aussi que la structure de l'opération est défavorable pour les actionnaires de Sunrise.

M. Vilanek doute aussi du sens du rachat sur le plan stratégique. Avec la nouvelle génération 5G de téléphonie mobile, il ne vaut pas la peine de mettre autant pour racheter un câblo-opérateur. Il a qualifié d' «insensé» le montant de 6,3 milliards lors d'un entretien avec AWP.

Un autre actionnaire activiste, Active Ownership Capital (AOC), allemand lui aussi, a emboîté le pas de Freenet. Plus inattendu, le conseiller en droits de vote ISS qui, selon Reuters, représente plus de 30% des droits de vote, s'est aussi prononcé contre le rachat, qualifiant l'opération d' «erreur fondamentale».

Sur le ballant

D'autres actionnaires importants se sont en revanche prononcés en faveur de l'augmentation de capital et du rachat d'UPC. C'est le cas de la caisse de pension Canada Pension Plan Investment Board (CPPIB). Le conseiller en droits de vote Glass Lewis, la fondation Ethos et zRating appuient aussi l'opération.

Pour faire passer son augmentation de capital, Sunrise devra obtenir 50% plus 1 voix lors de l'assemblée générale. Cela pourrait être serré, car d'habitude, le taux de participation aux assemblées générales se situe entre 62% et 67%.

Le directeur financier de Sunrise André Krause table sur une présence plus élevée mercredi prochain. L'entreprise a tout fait pour mobiliser les actionnaires, y compris par le biais de pages entières de publicité dans la presse.

Afin de décrocher suffisamment de voix, Sunrise a fait des concessions. Initialement prévue à 4,1 milliards de francs, l'augmentation de capital a été ramenée à 2,8 milliards. Par ailleurs, au début de cette semaine, Liberty Global a lui aussi mis la pression en annonçant qu'il participerait à hauteur de jusqu'à 500 millions de francs à l'augmentation de capital de Sunrise. Le cas échéant, Liberty détiendrait 7,8% de Sunrise.

Le patron de Sunrise Olaf Swantee a salué ce signal de Liberty comme l'expression de sa confiance dans la justesse de l'opération. Cela allégera l'augmentation de capital de 18%.

La 5G ne peut remplacer le câble

M. Swantee a aussi relevé que l'argument de la 5G qui rendrait le câble inutile est «absurde». La 5G remplacera la technologie ADSL, pas le câble qui peut fournir une vitesse de jusqu'à 1 Gigabit par seconde.

Pour couvrir tous les ménages avec la 5G, il faudrait probablement trois fois plus d'antennes, a affirmé le patron de Sunrise. Cela ne sera pas possible en Suisse où l'on a même de la peine à implanter chaque année 20 ou 30 nouvelles antennes, a-t-il souligné.

Malgré les concessions faites, M. Swantee a admis être nerveux avant la votation. Il n'a pas voulu dire combien de voix appuyaient le projet, notant qu'il était difficile de faire un pronostic.

Si l'opération est refusée, le président du conseil d'administration Peter Kurer craint une déstabilisation de Sunrise, une démotivation du personnel et des départs de collaborateurs. Lui-même serait débarqué. Sur la base de son expérience, il n'exclut pas d'autres départs en cas de rejet.

M. Swantee n'a pas voulu dire s'il partirait en cas de rejet de l'augmentation de capital. Les priorités sont ailleurs actuellement a-t-il relevé.

Axxion, autre actionnaire de référence de Sunrise, a déposé un point à l'ordre du jour pour le renvoi de M. Kurer et de l'administrateur Jens Jesper Ovesen. (ats/nxp)

Créé: 18.10.2019, 17h39

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