Passer au contenu principal

Retraite et santé affolent les Suisses

Sur mandat du Credit Suisse, l’institut gfs.bern s’est une nouvelle fois attelé à cerner nos principales sources d’inquiétudes.

La question de l'AVS et de la prévoyance vieillesse arrive en première position. Image d'illustration.
La question de l'AVS et de la prévoyance vieillesse arrive en première position. Image d'illustration.
Keystone

Qu’est-ce qui inquiètent les Suisses? Depuis longtemps, les études s’enchaînent pour définir leurs principales préoccupations. Parmi elles, l’on trouve celle proposée chaque année par le Credit Suisse. Jeudi matin, la banque publie son baromètre 2019, établi avec l’aide des chercheurs du gfs.bern et dont les cinq principales sont décortiquées dans les lignes suivantes.

1re position: Prévoyance vieillesse et AVS

Comme les années précédentes, l’avenir de nos retraites subsiste en tête des préoccupations des Suisses. À nouveau, ces craintes sont à lier avec la perception générale que le gouvernement est incapable de déboucher sur des solutions soutenables.

Les dernières projections établies par les analystes du Credit Suisse et publiées il y a deux mois, n’ont pas aidé. D’après eux, dès 2025, rentes AVS et 2e pilier correspondront à 45% du dernier salaire contre 57% quinze ans plus tôt. La situation pourrait même être pire pour ceux qui gagnent les meilleurs salaires, puisque le rapport pourrait être de 51% à 37%. La prévoyance vieillesse s’annonce donc comme l’un des dossiers les plus urgents et les plus chauds à régler dans les mois à venir pour le nouveau gouvernement.

2e position: Santé et assurance-maladie

La très légère baisse au niveau national des primes d’assurance maladie n’aura pas suffi (surtout pour les malchanceux qui ont quand même vu leur facture s’envoler de 5 à 6%). L’augmentation globale des frais liés à la santé reste l’une des principales sources de préoccupation des Suisses.

Les résultats de l’enquête du gfs.bern renforcent ainsi une étude Tamedia réalisée un an plus tôt et montrant que pour 70% des personnes interrogées, toutes sensibilités politiques confondues, c’est même le problème le plus urgent à régler. Il l’est d’autant plus que de plus en plus de ménages sont pris à la gorge par leurs primes. À titre d’exemple, En 2017, un demi-million de Romands avaient dû demander un subside pour payer leur assurance-maladie.

3e position: Étrangers

Environ un tiers des Suisses interrogés pour cette enquête y fait part de son ras-le-bol envers Berne et son incapacité à déboucher sur des solutions viables. Parmi elles ressort la question de l’immigration. «Ils attendaient des solutions du monde politique, mais estiment qu’aucune réponse ne leur a été apportée», explique Lukas Golder, codirecteur de gfs.bern, qui mène le Baromètre des préoccupations du Credit Suisse depuis 1995.

Les étrangers restent donc sur le podium des inquiétudes en Suisse malgré des chiffres en baisse, puisqu’au premier semestre le solde migratoire enregistrait un léger recul de 0,8% en comparaison annuelle. Fin juin, la suisse comptait un peu plus de 2 millions d’étrangers, parmi lesquels 323'384 Italiens, 308'532 Allemands, 265'501 Portugais et 137'514 Français.

4e position: Environnement

Au vu des mouvements et manifestations survenues sur la place publique ces derniers mois, il n’est pas surprenant de voir la question climatique revenir au centre des préoccupations des Suisses alors qu’elle n’était que 9e deux ans plus tôt. Comme d’autres pays, «l’effet Greta Thunberg», se répand dans les esprits. Durant l’été dernier, les rives du Léman se sont même placées sous le signe de la lutte pour le climat lors de visite de la jeune activiste suédoise.

Particulièrement fort auprès des jeunes générations, l’inquiétude se répand auprès de toute la population. Le fait est qu’il y a urgence au vu des défis aussi divers que vastes. Désertification, dégradation des sols, gestion durable des terres, sécurité alimentaire, sources de pollution multiples dont celle de plus en plus visible du plastique… les alertes se sont enchaînées tout au long de l’année. De quoi préoccuper les Suisses encore longtemps et éventuellement faire passer le climat dans le top 3 en 2020.

5e position: chômage

Malgré des chiffres du chômage au plus bas, la peur de perdre son poste subsiste tant bien que mal dans les esprits. La faute aux marchés qui crient au loup depuis des mois, redoutant une nouvelle récession mondiale. En Suisse, les alertes récentes venues de plusieurs secteurs industriels dont l’industrie MEM (machines, des équipements électriques et des métaux) n’ont pas dû apaiser les esprits.

Paradoxalement, contrairement à d’autres pays, la révolution numérique n’affole pas les travailleurs suisses. Ils ne croient pas au scénario d’un monde du travail «écrabouillé» par les IA ou les robots comme le redoutent certains penseurs comme Laurent Alexandre. Au contraire, les deux tiers estiment qu’elle pourrait avoir des conséquences positives sur le marché du travail. «À leurs yeux, les nouvelles technologies donnent une meilleure vue d’ensemble du marché du travail, améliorent les conditions de travail et permettent aux employeurs de les trouver plus facilement», résument les experts du gfs.bern.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.