Retirer la valeur locative ferait-il grimper les prix?

PropriétéSelon Avenir Suisse, l’abandon de la valeur locative rendrait l’immobilier trop attractif et provoquerait une hausse de 10%.

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La valeur locative, c’est ce loyer qu’empocheraient les propriétaires s’ils louaient leur bien au lieu d’y habiter. Un revenu fictif, qui s’ajoute au revenu imposable. La commission de l’économie du Conseil des États a jeté l’émoi ce mardi en recommandant son abandon (notre édition de mercredi). Dans la «NZZ am Sonntag», le think tank libéral Avenir Suisse tire la sonnette d’alarme: «Si la valeur locative devait être supprimée, l’immobilier redeviendrait une classe d’actifs attractive, déclare l’économiste Marco Salvi. C’est pourquoi je m’attends à ce que les prix de l’immobilier augmentent de 10%». Une vision partagée par un responsable de l’analyse immobilière du Credit Suisse, qui la juge «plausible», tout en rappelant que cette hausse s’échelonnerait sur plusieurs années.

"Réflexes conservateurs"

À quoi bon, dès lors, abroger cette barrière à l’accession à la propriété, si, in fine, la valeur des objets venait à rendre l’ascenseur? Pour le conseiller national Olivier Feller (VD/PLR), de la Fédération romande immobilière, ces prédictions trahissent des «réflexes conservateurs». «J’en ai noté plusieurs depuis mardi, qui tendent à vouloir freiner la réforme initiée par la commission du Conseil des États. Je crains que, en l’occurrence, le communiqué de la commission n’ait pas été lu avec toute l’attention requise».

Résidences secondaires et immobilier de rendement non concernés

En effet, pointe-t-il, cette suppression de la valeur locative ne concernerait que le premier logement acquis, que l’on détient, et que l’on habite - sous réserve de définir clairement ce que l’on entend par «premier logement». «Quoi qu’il en soit, cela ne constitue pas une classe d’actifs attractive, comme le suggère Avenir Suisse. En revanche, ce qui entre dans cette catégorie, ce sont les résidences secondaires et l’immobilier de rendement, qui ne sont pas visés par cette réforme». Pas de risque, donc, d’appel d’air ou de ruée vers l’immobilier considéré comme un placement. «Mais ce distinguo entre premier logement et immeubles de rapport n’apparaît pas dans l’analyse d’Avenir Suisse», remarque Olivier Feller.

Réduire le volume hypothécaire

Par contre, et c’est l’autre but visé par le projet de la commission, la suppression de la valeur locative devrait permettre de diminuer le volume hypothécaire du pays (un billion, soit 1000 milliards de francs, seuil franchi en juin selon le Credit Suisse). «Actuellement, les propriétaires paient un impôt sur un revenu qu’ils ne perçoivent pas, par conséquent, pour le neutraliser, ils maintiennent leur hypothèque le plus haut possible, afin que l’intérêt qu’ils versent à la banque, déductible des impôts, soit lui aussi le plus conséquent possible», résume Olivier Feller. Or dans le projet de réforme, il est prévu que non seulement les propriétaires d’un premier logement pourront encore déduire ces intérêts, «mais le fait même que la valeur locative aura disparu les incitera aussi à amortir leur hypothèque». Un (gros) bémol toutefois: les frais d’entretien et de réparation ne seraient plus, eux, déductibles des impôts.

Créé: 26.08.2018, 17h00

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