Le propriétaire de la Bourse suisse risque de supprimer des centaines de postes

Place financièreSix Group AG doit déterminer l’avenir de sa filiale SIX Payment Services AG, active à Genève.

Le propriétaire de la Bourse suisse, SIX Group AG, prévoit de ne plus assumer seul certaines activités liées aux paiements électroniques. Cette transition risque d’aboutir à la suppression de centaines d’emplois entre Genève, Zurich et Bienne.

Le propriétaire de la Bourse suisse, SIX Group AG, prévoit de ne plus assumer seul certaines activités liées aux paiements électroniques. Cette transition risque d’aboutir à la suppression de centaines d’emplois entre Genève, Zurich et Bienne. Image: KEYSTONE/Christian Beutler

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Les temps sont durs pour les petites mains de la place financière helvétique. Digitalisation et consolidation obligent. Aujourd’hui le propriétaire de la Bourse suisse, SIX Group AG, prévoit de ne plus assumer seul certaines activités liées aux paiements électroniques, mais de les développer avec le concours d’un partenaire. Cette transition risque d’aboutir à la suppression de centaines d’emplois entre Genève, Zurich et Bienne. «SIX Group AG ne prévoit pas de vendre sa filiale SIX Payment Services AG. Nous ouvrirons le mois prochain un centre d’innovation pour le trafic des paiements en Suisse. Nous sortons uniquement de notre organisation de base les affaires liées aux cartes de crédit. Nous en poursuivons le développement avec un partenaire stratégique», indique le porte-parole de SIX Group AG. La société zurichoise aurait mandaté, depuis l’automne dernier, la grande banque américaine JP Morgan pour rechercher et convaincre le partenaire approprié. SIX Group AG a refusé de nous indiquer si cette perle rare était enfin identifiée.

Mais, à vrai dire, cela ne change rien à une réalité cruciale: le partenaire doit trouver son intérêt dans une telle relation d’affaires. Celui-ci se calcule notamment en gains de parts de marché et en synergies. Ces dernières doivent favoriser une réduction globale des coûts en personnel. En ce sens, les collaborateurs actifs en Suisse paraissent particulièrement exposés.

Lorsque SIX Group parle du business de la monnaie plastique, il évoque avant tout le «merchant acquiring» et le «traitement international des cartes». Un collaborateur de SIX Payment Services AG, en fonction depuis une dizaine d’années, nous décrypte le sens de ces termes: «Le premier service est lié aux commerçants. Il vise à leur assurer la possibilité de disposer de terminaux permettant aux uns d’effectuer des achats avec des cartes et aux autres des ventes. Le deuxième service porte sur l’octroi de cartes aux particuliers et leur utilisation dans les meilleures conditions. Ces éléments constituent des activités majeures dans le domaine des paiements électroniques.»

Craintes et effectifs

Dans ce contexte, des craintes se font sentir au sein du personnel. «Lorsque le danger se confirme même pour des postes localisés à Zurich, cela veut dire que nous sommes tous concernés. Dans toute la Suisse», nous confie un employé de SIX Payment Services AG. La société emploierait en tout quelque 1100 personnes, réparties dans dix villes d’Europe, dont trois en Suisse. Environ 500 salariés seraient employés sur les trois sites helvétiques.

Il est dès lors souvent évalué, ou redouté, que des menaces pèsent sur des centaines de postes de travail en Suisse. La direction n’apaise pas les inquiétudes en refusant de mentionner la répartition des effectifs par site et par activité. SIX Payment Services AG aurait pourtant manifesté, le printemps dernier, de grandes ambitions d’économie d’entreprise. Selon un document en notre possession, la direction évoque ainsi la standardisation, l’automatisation et la digitalisation de différentes fonctions, notamment sur les marchés suisse, autrichien et luxembourgeois. À ces mesures est associé un objectif de réduction des coûts en personnel de 50%. SIX Payment Services AG mentionne aussi «la création d’un centre d’externalisation proche, situé à Varsovie, pour des opérations de la division des services de paiement. Celles-ci sont actuellement menées en Suisse, en Autriche et au Luxembourg.» Ce transfert de postes laisse présager une baisse des coûts en personnel de 60%.

Ces perspectives retiennent d’autant plus l’attention qu’elles concernent la plus importante filiale de SIX Group AG. Le chiffre d’affaires de SIX Payment Services AG s’avérait proche de la moitié de celui de la maison mère en 2016. Les enseignements de la récente absorption d’Aduno SA restent en outre dans les mémoires. Le groupe zurichois a acquis en août les activités «acceptation et traitement de cartes» de son concurrent tessinois Aduno SA. Cette opération financière sera suivie, d’ici à la fin de cette année, de la fermeture de deux sites d’activité: Bedano, au nord de Lugano, et Oerlikon, en ville de Zurich. Ce processus provoquera la suppression de 80 postes de travail. Les discussions sur un plan social devraient commencer incessamment.

La belle affaire

Les derniers éléments concernant SIX Payment Services AG découleraient d’une volonté d’actionnaires: recentrer les activités de SIX Group sur des prestations qu’ils recherchent eux-mêmes. La maison mère appartient à 130 banques, dont UBS et Credit Suisse. Une majorité de ces établissements paraît peu enthousiaste en songeant aux lourds investissements à consentir prochainement pour maintenir SIX Payment Services AG parmi les acteurs dominants du marché européen du trafic des paiements. La vente de cette société pourrait en plus rapporter, raisonnablement, de 1,5 à 2 milliards de francs. La belle affaire! (TDG)

Créé: 13.03.2018, 18h13

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