Pourquoi le président français s'est focalisé sur une PME de l'EPFL

Visite d'EtatLe patron de Sophia Genetics s'est entretenu avec François Hollande. Il équipe la santé publique française en équipements sensibles

Jurgi Camblong, jeune patron de la PME Sophia Genetics, s'est entretenu avec François Hollande.

Jurgi Camblong, jeune patron de la PME Sophia Genetics, s'est entretenu avec François Hollande. Image: PHILIPPE MAEDER

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Lors de sa visite du campus de l’EPFL, jeudi, le chef d’Etat français a discuté avec le jeune patron d’une PME innovante. Une rencontre qui était tout sauf motivée par les seules origines de Jurgi Camblong – ce dernier a grandi à Anglet, dans les Pyrénées Atlantique, sur la côte basque.

Fondée en 2011, Sophia Genetics est le numéro un des diagnostics génétiques automatisés en Europe. Or cette PME de quarante employés – ses effectifs devraient avoir doublé d'ici un an – multiplie les accords avec les centres hospitaliers régionaux français: en une année, seize contrats ont été signés avec des CHU à Nancy, Lyon ou Dijon. Cette année, la société aidera ainsi au diagnostic de quelque 10 000 patients français. Grâce à l'analyse de leur patrimoine génétique.

Les algorithmes développés par la société permettent en effet de démocratiser le séquençage de l’ADN, afin de pouvoir l’appliquer au traitement de certains diabètes de pathologies cardiovasculaires ou de la détection très en amont du cancer. «Nous couvrons onze pays et cinq nouveaux hôpitaux sont équipés de notre technologie chaque mois; l'avantage de notre solution reste que chaque nouvel utilisateur de notre plate-forme contribue à rendre le diagnostic plus précis et rapide», témoigne Jurgi Camblong.

Parmi les concurrents de ce dernier figure Foundation Medicine, société américaine récemment rachetée 1,4 milliard par Roche. «Contrairement à nous, c’est un labo qui fait les tests chez lui, comme Unilabs à Meyrin; ils ont analysé 35 000 patients ces trois dernières années; nous en traiterons 20000 en 2015», commente celui qui a fait son doctorat à Genève où il a rencontré sa compagne d’origine alémanique. Egalement sur ce créneau, l’américain In Vitae, qui analyse environ 2500 patients par an, a été valorisé un demi-milliard lors de son entrée en Bourse. De quoi tenter Jurgi Camblong et ses associés? «Cette année nous allons encore lever du capital auprès d’investisseurs privés et d’institutions pour une quatrième fois depuis notre création; la bourse — ou le rachat — ce sera pour la fois suivante», décrit l'ancien étudiant de Pau et de Bordeaux. Jusqu’à présent, sa société a réussi à convaincre les actionnaires l’ayant rejoint de lui confier 18 millions de dollars.

L’intérêt des autorités françaises était également motivé par le caractère sensible des données collectées lors de ces séquençages de l’ADN d’un patient et par le biais de tout ce qui est appelé «data driven medicine», la médecine basée sur les données de masse. «Ce problème qui prend rapidement des aspects éthiques est au cœur de la loi de santé actuellement en discussion en France, un pays est en avance sur ces questions — c’est le seul qui impose les stockages des données génétiques chez des hébergeurs agréés», explique l’entrepreneur. Un calendrier législatif qui offrait une raison supplémentaire à l'EPFL de souffler aux conseillers de l'Elysée une rencontre entre Sophia Genetics et le président de la République française. (TDG)

Créé: 17.04.2015, 21h59

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