Les PME suisses interpellées sur les principes de gestion «responsable»

Développement durableUn «Tour de Suisse» visant à diffuser les principes des Nations Unies part de Genève pour sillonner le pays durant quatre ans

La conférence s'est tenue au Palais des Nations, à 
Genève.

La conférence s'est tenue au Palais des Nations, à Genève. Image: Laurent Guiraud

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Une conférence au Palais des Nations réunissant près de deux cents experts, représentants de PME ou multinationales, a initié jeudi une série d'ateliers et d'événements qui sillonneront durant quatre ans la Suisse pour promouvoir, une gestion d'entreprises prenant en compte les impératifs de responsabilité sociale et de développement durable.

Rhétorique onusienne, réagiront certains patrons à l'évocation de ce «Tour de Suisse pour une économie responsable»; alors qu'ils s'échinent à se plier à une myriade de nouvelles règles sur la traçabilité des produits, la lutte anti-blanchiment ou la protection de l'environnement. Hasard du calendrier, cette conférence s'est tenue le jour même où le Conseil national se prononçait contre l'initiative populaire pour des multinationales responsables, en adoptant un projet de législation moins sévère.

Audits pour épauler les chefs d'entreprises

«Le programme UN Global Compact n'a rien de réglementaire; en Suisse, beaucoup de ses principes sont déjà intégrés dans des lois ou des règles», explique Antonio Hautle, responsable du chapitre suisse du UN Global Compact. Le comité directeur de cette association réunit des entreprises comme Firmenich, Nestlé ou Trafigura.

«Faire entrer au cœur de l'entreprise une culture de durabilité»

«L'idée est de faire entrer au cœur de l'entreprise une culture où les questions de durabilité économique, écologique et sociale imprègnent chaque décision», poursuit ce dernier.

Une PME intéressée par un tel engagement à l'issue d'une conférence - d'abord à Genève, puis à Neuchâtel et dans le Tessin cet automne - pourra ainsi bénéficier d'un audit l'aidant à identifier les améliorations à apporter et être épaulées dans le choix des normes et des standards à adopter. Le fait que cet effort soit réalisé dans le cadre d'un programme initié par les Nations Unies, «lui apporte du poids en termes de crédibilité», estime ce dernier.

Le sceau des Nations Unies

«Favoriser l'utilisation de bois local, construire une station d'épuration, soutenir des écoles dans les pays du Sud… de tels projets ont été lancés par notre entreprise avant de rejoindre ce programme, car nos propriétaires y étaient fondamentalement attachés», témoigne Jean-François de Saussure, le patron de Caran d'Ache. «Mais s'associer au UN Global Compact permet de rassembler ces efforts sous une étiquette reconnue mondialement», poursuit ce dernier.

«Une telle participation est importante aux yeux des institutions financières que nous servons», explique en écho Jan Amrit Poser, de la banque Safra Sarasin. Un outil de communication et de marketing en somme, sur des sujets, qui, à en croire les participants, sont devenus essentiels aux yeux des jeunes générations.

(TDG)

Créé: 14.06.2018, 17h35

Le Conseil national ne contraint pas le négoce à plus de transparence

Le Conseil national a rejeté jeudi une disposition obligeant les quelque 500 sociétés de négoce de matières premières présentes en Suisse à publier les paiements qu’elles versent aux Etats producteurs pour acquérir leurs ressources naturelles. Ce vote entrait dans le cadre du projet de révision du droit de la société anonyme. La décision doit maintenant passer devant le Conseil des Etats.

Le projet du Conseil national stipule que seules les sociétés exploitant des mines ou des gisements d'hydrocarbures doivent, sous certaines conditions, divulguer les paiements qu’elles effectuent auprès des gouvernements - taxes, impôts ou redevances. En revanche, les transactions relatives à l’achat de matières premières sont exclues de ce nouvel article du code des obligations.

Aux yeux de l'ONG Public Eye, «l’option retenue est inconsistante, puisque le cœur de l’activité du secteur est, en Suisse, le négoce et non l’extraction.» L'organisation a réalisé une étude statistique montrant que l’obligation de transparence retenue par le Conseil national «ne devrait s’appliquer qu’à quatre sociétés sur les quelque 500 qui ont élu domicile entre Genève, Zoug et Lugano». Elle rappelle que ces flux financiers,« dont l’opacité n’est pas contestée», constituent des revenus essentiels pour le développement de ces pays.

A noter que le géant du négoce Trafigura a, lui, décidé en 2014 de publier ses versements à des structures étatiques sur une base annuelle. Une initiative qui reste encore isolée.

P.-A.SA.

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