La place financière veut moins de réglementation

SuisseLa FINMA a déjà formulé plusieurs propositions pour desserrer l'étau autour des petites banques.

Yves Mirabaud, président de l'Association de banques privées suisses (ABPS), a de nouveau plaidé pour une réglementation différenciée.

Yves Mirabaud, président de l'Association de banques privées suisses (ABPS), a de nouveau plaidé pour une réglementation différenciée. Image: Keystone

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Les banques privées et de gestion suisses espèrent la mise en oeuvre d'une réglementation différenciée selon les modèles d'affaires et les risques réels qu'elles représentent. Des conditions-cadres compétitives doivent leur permettre de rivaliser à l'international, arguent-elles.

Dix ans après la crise financière de 2008 et le durcissement qui a suivi, «les places financières se retrouvent avec un foisonnement réglementaire», a souligné jeudi Yves Mirabaud, président de l'Association de banques privées suisses (ABPS), devant les médias à Berne. Les coûts ad hoc ont «plus que doublé».

Les banques privées suisses «ressentent durement l'application accrue de standards internationaux initialement destinés à réglementer les banques systémiques». Les gestionnaires de fortune de petite et moyenne taille doivent ainsi «trouver de nouvelles voies» pour «préserver leur compétitivité et leur dynamisme», résume l'associé gérant senior de la banque Mirabaud.

La FINMA «s'arrête à mi-chemin»

En décembre dernier, l'Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) a toutefois formulé plusieurs propositions pour desserrer l'étau autour des petites banques, notamment celles ayant moins de 20 milliards de francs d'actifs sous gestion.

S'il salue cette avancée, Yves Mirabaud a estimé que le gendarme financier «s'arrête à mi-chemin». Une meilleure utilisation de sa marge de manoeuvre permettrait ainsi aussi à certains établissements présentant peu de risques de profiter de certains allégements.

Le banquier genevois a notamment suggéré de supprimer les tests de résistance lorsque les mesures de liquidités ou de fonds propres sont suffisantes, ou de mieux coordonner les exigences de la FINMA et de la Banque nationale suisse (BNS).

M. Mirabaud a rappelé que les établissements actifs dans la gestion de fortune représentent «un secteur d'exportation majeur». Au total, l'ABPS et l'Association de banques suisses de gestion (ABG) représentent 37 banques et emploient environ 25'000 collaborateurs dans le monde, dont 15'800 en Suisse. Leur masse sous gestion atteint quelque 1800 milliards de francs.

Accès au marché européen

Si la Suisse reste le leader mondial de la gestion de fortune internationale, «cette position dominante n'est pas gravée dans le marbre», a averti le président de l'ABG Boris Collardi. Ce dernier a ainsi plaidé pour des réformes tenant mieux compte du caractère d'exportation du secteur et permettant de conseiller activement la clientèle étrangère sur place depuis la Suisse.

L'ancien directeur général de Julius Baer, qui prendra la tête de l'établissement genevois Pictet dès la mi-2018, a notamment demandé la signature d'accords bilatéraux avec les pays les plus importants de l'Union européenne (UE). «L'Europe occidentale reste notre principal marché d'exportation», a-t-il rappelé.

S'arrêtant aussi sur la question des équivalences réglementaires, Boris Collardi a relevé que l'UE «doit maintenant enfin prouver qu'elle est un partenaire fiable», estimant que la législation helvétique est désormais équivalente aux directives européennes dans nombre de domaines. Il a ajouté que «les négociations parallèles sur le Brexit ne doivent plus lui servir d'excuse pour retarder artificiellement ces efforts».

«Scandales en papier mâché»

Boris Collardi a également appelé à une meilleure collaboration entre les établissements dans des domaines non concurrentiels, tels que les activités de mise en conformité (compliance). Un regroupement permettrait aussi d'exploiter les potentiels de la numérisation.

Au-delà des aspects réglementaires et des conditions-cadres, la promotion de l'image et de la bonne réputation du secteur mérite d'être soignée, a encore noté M. Collardi. Yves Mirabaud s'est d'ailleurs plaint des «injustes critiques pour mauvaise conduite» que subissent les banques, alors qu'elles appliquent les normes en vigueur.

Evoquant les Panama et les Paradise Papers, le président de l'ABPS a parlé de «scandales en papier mâché». Pour mémoire, ces affaires sont basées sur la fuite de millions de documents confidentiels, qui détaillent le fonctionnement des sociétés offshore.

Les structures juridiques utilisées par les clients «sont dans l'écrasante majorité des cas légales et permettent de satisfaire un légitime besoin de confidentialité, que ce soit pour des raisons familiales ou commerciales». «Si le législateur pense que certaines activités amorales sont considérées comme illégales, c'est à lui de faire quelque chose», a-t-il néanmoins précisé. (ats/nxp)

Créé: 18.01.2018, 14h10

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