Philippe Gaydoul voit les détaillants en grave crise

DistributionLe président de Navyboot et ancien propriétaire de Denner peint le diable sur la muraille. Un spécialiste tempère ses propos.

Philippe Gaydoul, CEO de Denner, pendant un interview en 2008.

Philippe Gaydoul, CEO de Denner, pendant un interview en 2008. Image: INDEPENDENT/LE MATIN

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«Un vent de panique souffle sur le commerce de détail suisse», s’est exclamé Philippe Gaydoul dans une grande interview de deux pages publiée hier par le tabloïde Blick. Selon le président de l’entreprise de chaussures Navyboot, propriété de la famille Gaydoul-Schweri, et ancien propriétaire de Denner, le creux de la vague n’est pas du tout atteint «et la branche va continuer à souffrir de ventes en baisse cette année».

Il expliquait aussi dans le quotidien qu’«un recul des recettes de 1 milliard de francs fait perdre leur emploi à 2000 collaborateurs dans la branche». Alors, comme le commerce de détail suisse «a perdu 2 milliards de chiffre d’affaires l’an passé, 4000 emplois ont été biffés», a-t-il calculé.

Ouverture de 6 h à 23 h?

Mais le problème ne s’arrête pas là. Car quand le commerce de détail se porte mal, un grand nombre de domaines connexes souffre aussi énormément, comme l’agriculture, les transports ou les médias (pour les annonces). La faute du tourisme d’achat et aussi des grandes chaînes internationales qui ont fixé des prix élevés pour profiter au maximum du pouvoir d’achat des Suisses, soutenait encore Philippe Gaydoul. Comme ces derniers rechignent maintenant à débourser plus d’argent en Suisse qu’à l’étranger pour les mêmes produits, ils y renoncent et vont faire leurs courses dans les pays limitrophes ou sur Internet. Des enseignes comme Bata doivent fermer (voir ci-dessous).

Dans ce contexte apparemment difficile pour les détaillants, la question d’une adaptation des heures d’ouverture des magasins est relancée. Le directeur du groupe Migros, Herbert Bolliger, a par exemple souhaité dans la Schweiz am Sonntag de ce week-end que les magasins connaissent le même horaire d’ouverture dans toute la Suisse et suivent celui pratiqué par le canton d’Argovie, soit de 6 h à 23 h.

Pourtant, un spécialiste du commerce de détail auprès de l’entreprise d’analyse de marché GfK tempère ces propos alarmistes. «Le commerce de détail suisse a connu en effet globalement une importante baisse en 2015, de 2,3%, mais il se maintient à un haut niveau», a expliqué Thomas Hochreutener. Cette baisse n’est du reste pas uniforme. Elle est pratiquement nulle dans les produits frais, mais très importante dans les vêtements et les chaussures (–5%).

Moitié moins d’immigrés

Thomas Hochreutener a ajouté qu’en «reculant de moitié (de 100 000 à 50 000 personnes), l’immigration nette n’a plus pu soutenir le commerce de détail suisse, comme elle l’avait fait les années précédentes». (TDG)

Créé: 18.04.2016, 21h32

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