Philip Morris supprime 265 postes, et ce n’est qu’un début

EconomiePour passer de la cigarette aux alternatives électroniques, le cigarettier opère une cure minceur.

Philip Morris produit 15 milliards d’unités par an, cigarettes et tabac chauffé confondus. L’Iqos a atteint 2,6% de parts de marché en Suisse.

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Comme nous l’avions annoncé à Noël, Philip Morris amorce une restructuration dont le plan détaillé est tombé lundi. Ce sont au total 265 places de travail qui seront supprimées sur les sites de Lausanne et Neuchâtel. Ces mesures ne concernent pas Philip Morris Suisse, mais bel et bien Philip Morris Products SA (PMPSA), filiale de Philip Morris International. «En clair, cela signifie que les employés qui travaillent à la production de cigarettes de Neuchâtel ne sont pas touchés, mais que ce sont plutôt d’autres services, y compris à l’intérieur du Cube, devant lequel nous allons distribuer des tracts», réagit la syndicaliste d’Unia en charge du dossier dans le canton, Dery Dursun.

Les 500 employés de la fabrique de cigarettes sont sous Convention collective, ce qui n’est pas le cas des autres secteurs, notamment à Lausanne. Le Cube, ce sont quelque 400 employés investis dans la recherche et le développement, principalement de l’Iqos, ce tabac chauffé sur lequel le leader mondial des cigarettier mise afin de trouver un produit de remplacement à la cigarette traditionnelle.

Réduire les doublons

C’est afin d’«accélérer cette transformation ambitieuse» que le groupe souhaite «réduire les doublons». La réorganisation concerne «uniquement les fonctions centrales basées en Suisse, explique Tommaso Di Giovanni, porte-parole de Philip Morris International (PMI). La première étape comprendra des changements dans les départements de Finance, des Ressources Humaines, des Technologies de l’Information, du Commercial, et du département Consommateur».


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Les employés de Philip Morris S.A., la filiale opérant pour le marché suisse, et le personnel de Philip Morris Products S.A, à Neuchâtel sous la convention collective de travail ne seront pas touchés par cette réorganisation, confirme-t-il. Rappelons que PMI emploie 3260 personnes en Suisse, dont 1760 à Lausanne et 1500 à Neuchâtel.

Plan social généreux

Près de 60% des postes concernés pourraient être déplacés vers d’autres sites tels que Lisbonne, Londres ou Cracovie, où PMI possède déjà un centre de service de Finance et de Ressources Humaines. Le groupe a informé les autorités cantonales des cantons de Vaud et Neuchâtel de la procédure de consultation qui court jusqu’au 2 mars, et qui devra déterminer les modalités du plan social pour les employés touchés. La compensation financière ira au-delà des pratiques du marché, «c’est-à-dire qu’elle sera proportionnelle au nombre d’années passées dans l’entreprise, avec un cap de 18 mois», précise Tommaso Di Giovanni. Les salariés devront patienter pour savoir qui est touché par ces mesures, et à quelles conditions, jusqu’au 31 mars au plus tard.

Seconde phase en avril

Cette réorganisation constitue la première phase d’une restructuration plus vaste, et une phase deux est d’ores et déjà annoncée en avril. À la question de savoir si elle comportera aussi des suppressions ou délocalisations de postes, le porte-parole fait savoir qu’il est «trop tôt pour spéculer sur des détails spécifiques de la deuxième étape». Toutefois, selon un e-mail interne reçu lundi par les employés de PMI, il est stipulé que ceux «qui pourraient être affectés par la phase deux seront avertis en temps voulu du déroulé de la procédure de consultation».

Créé: 27.01.2020, 22h07

«Les cigarettiers doivent se restructurer»

Philippe Leuba, conseiller d’État vaudois

Êtes-vous surpris par l’ampleur de la restructuration?
C’est une très mauvaise nouvelle, mais je note que des chiffres plus élevés avaient circulé à fin décembre. Il est aussi important de signaler que Philip Morris a créé 500 places de travail ces dernières années à Lausanne. Nous nous sommes assurés qu’il ne s’agissait pas de la première tranche d’une opération de type salami, et avons obtenu des garanties qu’un plan social de qualité serait adopté.

Des emplois seront transférés à l’étranger. Le canton de Vaud perd-il en attractivité?
Non, l’économie vaudoise est solide. Ce climat positif va d’ailleurs favoriser le reclassement des collaborateurs qui perdront leur emploi. La vigueur de l’économie locale est d'ailleurs illustrée par le groupe Merck, qui annonce ce lundi vouloir bâtir à Corsier-sur-Vevey son siège principal de R&D, avec à la clé la création de 250 emplois et 270 millions d’investissements.

L’industrie du tabac semble se fragiliser...
Les cigarettiers doivent se restructurer. L’ensemble du marché privilégie les développements allant dans le sens de la cigarette électronique. On ne peut pas mettre en place des politiques publiques pour lutter contre le tabac, comme on le fait en Europe, et penser que cela restera sans conséquence sur l’emploi.
Nicolas Pinguely

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