Patek Philippe investit 500 millions de francs

Industrie horlogèreLe groupe genevois construit un nouveau bâtiment voué à la recherche appliquée. Avec ses fonds propres.

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Le groupe horloger genevois Patek Philippe détaillera ce jeudi soir son investissement, à l’occasion de la pose de la première pierre d’un nouvel immeuble voué à à la recherche appliquée. Président de Patek Philippe, Thierry Stern indique dans quels domaines et marchés son groupe compte miser.

En janvier, vous avez annoncé que le nouveau bâtiment coûterait environ 450 millions de francs. Quelle sera la facture finale?

– Nous tablons sur un investissement total d’environ 500 millions de francs. Dans la construction, les mauvaises surprises sont fréquentes, et les budgets débordent un peu. Mais nous avions prévu ce dépassement. En tant qu’affaire familiale, la force de Patek est de ne pas dépendre d’autres actionnaires qui veulent une rentabilité immédiate. Nous pouvons donc planifier longtemps à l’avance ce type d’opérations.

A quoi servira ce bâtiment?

– Nous croyons fermement dans notre marque et dans l’avenir de l’horlogerie. Dans notre métier, il est important d’anticiper la demande. Mais, pour assurer ce futur, nous avons besoin de place pour accueillir des employés et des machines. La fabrication de montres haut de gamme nécessite des locaux adéquats, pour respecter par exemple les normes en matière de sécurité. Ce bâtiment nous permettra d’intensifier la recherche appliquée en techniques horlogères, par l’implantation de nouveaux laboratoires, en complément des projets de recherche menés dans le cadre de la chaire Patek de l’EPFL. Nous allons y créer de nouvelles montres, avec de nouvelles idées.

Comment se déroule la marche des affaires?

– Bien. C’est un peu plus difficile qu’avant et nous faisons particulièrement attention à nos investissements. Les ventes progressent de quelques pour-cent. Mais nous n’entendons pas battre des records de production, mais courir un marathon. Nous fabriquons environ 57 000 montres par an. Plus que le chiffre d’affaires, c’est la rentabilité qui nous importe.

Et elle vous satisfait?

– Chez Patek, elle est très bonne. Et nous réalisons cet investissement immobilier avec nos fonds propres.

Souffrez-vous du franc fort?

– Nous avons connu, comme d’autres, un fléchissement pendant une courte période, après la décision de la BNS, le 15 janvier. A cause des incertitudes sur l’évolution de la monnaie. Après, les affaires se sont rétablies. Des clients reviennent vers nous car ils savent qu’en achetant une Patek ils réalisent aussi un investissement de long terme. Nous sommes l’une des rares marques dont des montres datant de 100 voire 150 ans fonctionnent toujours.

L’essoufflement de la Chine vous inquiète-t-il?

– Nous nous sommes limités à ouvrir deux magasins, à Shanghai et à Pékin. Nous profitons du marché chinois, mais nous avons choisi de rester très présent en Europe. Et aux Etats-Unis, malgré la crise de 2008-2009: alors que des concurrents avaient déserté ce marché, nous ne l’avons pas lâché. La stratégie s’est avérée payante: nous y avons gagné des parts de marché.

Quels sont les marchés orientés à la baisse et ceux qui sont orientés à la hausse?

– Notre premier marché reste l’Europe, avec une part de 45%. L’Asie, avec le Japon, représente 30% (dont 3% pour la Chine), ce sont des marchés qui ont progressé. Entre 15 et 17% de nos ventes sont réalisées aux Amériques. Le solde au Moyen-Orient.

Les clients plus jeunes ne sont-ils pas de plus en plus séduits par les montres connectées?

– Pour nous, dans le haut de gamme, le danger n’est pas important. Et nous intéressons une clientèle plus jeune. Il y a vingt ans, les clients étaient majoritairement âgés de 50 ans et plus. Aujourd’hui, ils ont plutôt entre 25 et 50 ans et plus.

Pourtant, acquérir une Patek n’est pas donné à tout le monde. Quel est son prix moyen?

– Nous proposons une gamme de 200 montres, dont le prix varie entre 15 000 francs et un million. Nous n’indiquons pas ce chiffre. Ce que je peux préciser, c’est que le Quantième Annuel est un produit recherché; son prix se situe entre 30 000 et 40 000 francs. Les plus jeunes choisiront peut-être une Nautilus qui coûte de 15 000 à 20 000 francs. Ou une Aquanaut. Ce qui est nouveau, c’est que ces clients plus jeunes connaissent nos montres.

Créé: 15.10.2015, 07h25

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Un groupe qui emploie 2000 personnes

L’horloger Patek Philippe, qui a fêté en 2014 ses 175?ans d’existence, emploie 2000?personnes dans le monde (au sein de 440?points de vente répartis dans 67 pays), dont 1800 en Suisse et 1600 à Genève. L’entreprise est présidée par Thierry Stern, qui représente la quatrième génération de cette famille d’industriels. Quelque 200 horlogers qualifiés y travaillent. Patek Philippe possède également huit sociétés partenaires hors du canton
de Genève: Patek Philippe SA
La Vallée (horlogerie, haute horlogerie et rhabillage) au Brassus; Calame (fabrique de boîtiers), Poli-Art (polissage), SHG (sertissage) et Patek Philippe SA La Chaux-de-Fonds à La Chaux-de-Fonds; Cadrans Fluckiger à Saint-Imier; Allaine (emboîtage de mouvements)
à Alle; Betakron (terminaison, décoration, composants acier) dans le Jura français. R.R

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