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Le Nid plonge avec délice dans des calculs d’épiciers coopératifs

L’ouverture du magasin d’alimentation local est l’occasion d’y voir plus clair sur un modèle qui essaime dans toute l’Europe.

Photo d'illustration
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Maurane Di Matteo

Dans une région qui affronte la concurrence sans merci des hypermarchés situés de l’autre côté de la frontière, se lancer dans l’épicerie relève de la gageure. C’est pourtant le pari fait par plus de deux cents particuliers engagés à Genève dans la nouvelle épicerie coopérative Le Nid.

Ouvert il y a une semaine, le local du quartier de la Jonction fait écho aux dizaines de commerces participatifs ayant fleuri en Europe, afin de défendre un approvisionnement local, de saison, souvent bio; mais aussi de défendre la rémunération des exploitants. Petite plongée dans les calculs de ces épiciers alternatifs.

Les promesses, d’abord. Le Nid accepte le prix défini par le producteur, retient 20% de marges afin de faire tourner l’épicerie et défend des tarifs en ligne avec la grande distribution (helvétique).

Sacré défi sur un litre de lait. Payé plus de 1,80 franc à la ferme – pas mal, alors que la filière se bat pour obtenir au moins 1 franc –, il est affiché 2.10 francs en rayons. Vérification faite, à la Migros le lait le plus cher – bio, entier, suisse – est étiqueté 1.85 francs. «Nos produits garantissent un approvisionnement local à des prix qui restent comparables», défend Antonin Calderon, l’un des membres de l’équipe initiale emmenée par Diego Bonvin et Johann Zoller. Les fruits et légumes viennent ainsi d’un collectif de quatre exploitations genevoises.

Le Nid dispose d’une botte secrète: l’engagement. Outre le capital qu’ils amènent au projet – en souscrivant entre une et cinq parts sociales à 40 francs pièce –, ses membres versent une cotisation annuelle de 50 francs et consacrent deux heures de travail par mois à l’épicerie.

Comme pour le vélo, ce sont les premiers mètres qui comptent pour l’équilibre: pas de ventes mais un loyer et sa caution, des stocks ainsi que des salaires à régler au cours des premiers mois. Outre les quelque 30 000 francs ainsi amenés par les coopérateurs, un appel de fonds participatif sur Internet a permis d’obtenir 15 000 francs, la Ville de Genève apportant 10 000 francs.

Le local temporaire de 60 mètres carrés des berges du Rhône bénéficie en outre d’un loyer aidé. Ensuite, il faudra enlever les petites roues. Une boutique cinq fois plus grande – et non subventionnée cette fois – devrait être investie à l’automne. «Afin de rendre les choses pérennes, l’objectif est d’arriver à 500 coopérateurs puis 1 million de chiffre d’affaires sur 2019», esquisse Antonin Calderon.

En France, le secteur coopératif – un terme qui mêle aussi bien les usines reprises par leurs ouvriers que des épiceries militantes – regroupe près de 6% des emplois et totalise un chiffre d’affaires de 320 milliards d’euros – en hausse de 3% l’an dernier. En début de semaine, une chaîne de radio publique dressait le portrait d’une boutique de la chaîne Coopali en région parisienne. La version locale du concept? Acheter en gros des produits bio pour les revendre 20% moins chers. Là aussi, la clé est un droit d’entrée remboursable et une implication des gentils membres.

De quoi tenter les animateurs du Nid de rejoindre Intercoop, le réseau francophone de coopération? «Une personne de notre comité sera présente à leur forum mais notre conception n’est pas de se fédérer pour négocier les prix et refaire l’histoire de Coop ou de Migros», sourit Antonin Calderon.

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