Le monde de la tech piégé par une patate «connectée»

Les gadgets ont une nouvelle fois régné en maître dans les allées du Consumer Electronic Show.

Ce tubercule connecté répond aux questions qu’on lui pose: avec Potato, un Français dénonce les gadgets inutiles produits par l’industrie de la tech.

Ce tubercule connecté répond aux questions qu’on lui pose: avec Potato, un Français dénonce les gadgets inutiles produits par l’industrie de la tech. Image: Robyn Beck/AFP

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Vendredi se fermaient les portes du plus important salon dédié aux nouvelles technologies. Durant une courte semaine, objets connectés, écrans TV de dernière génération ou voitures volantes ont une nouvelle fois attiré des centaines de milliers de visiteurs et suscité l’attention de quelque 7000 journalistes. Retour sur quelques événements ayant marqué cette 53e édition.

La patate connectée

À Las Vegas, depuis trois ou quatre ans on ne parle plus que d’une chose: les objets connectés. Habits, montres, frigos, brosses à dents, fourchettes ou encore voitures… les gadgets de toute sorte ont une nouvelle fois régné en maître dans les allées du Consumer Electronic Show (CES), annonçant une société où la frontière entre l’homme et la technologie sera de plus en plus ténue. Ces derniers jours, le Français Nicolas Baldeck a beaucoup fait parler, avec sa Smart Potato, baptisée simplement Potato.

Sur son stand installé à Eureka Park (site dédié aux futures innovations), le fondateur de BPZ Labs y dévoilait tout le potentiel de sa pomme de terre connectée à l’aide d’une carte électronique. À l’image de Siri (Apple) ou d’Alexa (Amazon), elle arrive même à répondre à diverses questions à l’aide d’une application spécifique. «Nous vivons dans un monde connecté où il faut être intelligent. J’ai pensé qu’il était important de connecter la patate à son tour, vu qu’on en produit 2000 milliards chaque année», a-t-il expliqué sur les ondes de BFM TV.

Malgré l’intérêt non simulé de certains visiteurs, l’innovation du Français est en réalité un gros attrape-nigaud élaboré pour dénoncer l’inutilité de bon nombre de gadgets présentés lors du CES et critiquer cette société qui se soucie plus d’avoir une brosse à dents connectée que de l’avenir de la planète.

Les humains virtuels

Certains se souviennent peut-être des Tamagoshi. À la fin du XXe siècle, ces petits jeux électroniques qui permettaient de prendre soin d’un animal de compagnie avaient joui d’une forte notoriété auprès des jeunes. Deux décennies plus tard, avec son projet Neon, Samsung fait un pas de plus en développant l’«humain de compagnie». «Il y a des millions d'espèces sur notre planète et nous espérons en ajouter une de plus. Les Neons seront nos amis, nos collaborateurs et nos compagnons, ils apprendront, évolueront et se souviendront de leurs interactions», assure Pranav Mistry, PDG de Samsung Star Labs.

Avec ses humains virtuels, Samsung ambitionne de créer «une nouvelle espèce sur Terre» et promet qu’ils deviendront nos compagnons...Photo: David Mcnew/ AFP

Sans consistance (ils ne sont pour l’heure qu’une simple image sur écran), les avatars de Samsung affichent toutefois un réalisme saisissant, presque effrayant. À terme, Samsung compte les rendre encore plus humains en leur permettant d’apprendre certaines tâches afin de pouvoir non seulement être un «humain» de compagnie, mais aussi de remplir certaines fonctions utiles telles que conseiller financier, aide-soignant, concierge ou enseignant. Au vu du niveau encore très faible des avatars présentés à Las Vegas, Samsung a encore beaucoup de travail à faire avant d’aboutir à une intelligence artificielle vraiment performante.

Des sex-toys connectés

Après des décennies de résistance, la pudibonderie américaine a fini par céder du terrain à Las Vegas. Ne pouvant plus rester sourd à un marché du «bien-être sexuel» en plein essor (il devrait peser 40 milliards de dollars d’ici à 2024), le CES a accueilli pour la première fois des sociétés développant tout un panel de sex-toys.

Les concepteurs du godemiché connecté promettent des relations à distance «synchronisées». Robyn Beck/ AFP

Il va de soi que les objets en question répondent à l’ère du temps en étant tous connectés. À en croire les exposants présents, cela pourrait favoriser les relations longue distance. «Si le partenaire A est dans une ville et le partenaire B dans une autre ville, ils pourront se synchroniser avec le sex-toy de l'autre. Le partenaire A peut ainsi activer celui du partenaire B, et inversement, afin de maintenir une relation physique à distance», indiquait sur Euronews Gerard Escaler, de la société Lovense.

En gros, ce type d’«avancée» technologique vous pousse presque à espérer pouvoir, un jour, vraiment discuter avec une patate!

Créé: 10.01.2020, 18h50

«Le CES est un réel accélérateur»

Pour la deuxième année consécutive, la Suisse était présente au Consumer Electronic Show de Las Vegas. Depuis les États-Unis, Nicolas Bideau, président de Présence Suisse, fait le bilan de cette édition ayant accueilli de nombreuses start-up locales. Interview.



Comment s'est passée cette édition pour la Suisse au CES?

Le bilan est très positif. Par exemple, avec notre show sur le sport et la santé connectée, sans oublier la robot-raclette, la Suisse a fait parler d’elle à Vegas. Côté start-up, j’ai reçu majoritairement des compliments sur la plateforme et la marque «Swisstech».

Le CES est-il vraiment une tribune utile pour nos start-up?

L’un des slogans à Las Vegas est «Là où l’innovation est validée». Au-delà du côté marketing, c’est le rendez-vous qui lance l’année et qui permet de rencontrer un maximum d’acheteurs, de médias et de professionnels. Pour les start-up qui sont bien préparées et ont un produit novateur, le CES est un réel accélérateur.

Que faudrait-il corriger pour la prochaine édition?

Pour augmenter notre visibilité, en préparation du CES, nous souhaitons développer — en collaboration avec les collègues de l’ambassade, aux États-Unis — une série d’événements durant l’année. J’aimerais aussi proposer aux grandes entreprises suisses de présenter leurs start-up sous forme de parrainage.

Le CES va-t-il devenir incontournable pour la Suisse et ses entreprises?


À fond, nous serons là en 2021 ! Le CES va rester un rendez-vous majeur de notre campagne Swisstech, aux côtés d’autres événements comme Vivatech à Paris ou le CEATEC de Tokyo.

O.W.

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