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Monaco tient une audience cruciale dans le dossier Yves Bouvier

Les procédures dans lesquelles le marchand d’art est partie connaissent de nouveaux rebondissements.

Le «Salvator Mundi» est au cœur d’une bataille entre le milliardaire russe Dmitri Rybolovlev et le marchand d’art suisse Yves Bouvier.
Le «Salvator Mundi» est au cœur d’une bataille entre le milliardaire russe Dmitri Rybolovlev et le marchand d’art suisse Yves Bouvier.
EPA/ Andy Rain

L’actualité revient en force dans les procédures touchant de près ou de loin le marchand d’art genevois Yves Bouvier. Vendredi, à Monaco, une nouvelle audience réunira les parties qui s’opposent dans la vente de tableaux au milliardaire russe Dmitri Rybolovlev. Le Parquet examinera une nouvelle fois si la procédure engagée peut se poursuivre, et si oui dans quelles conditions. Et pas plus tard que mercredi, on apprenait («Le Temps»/Gotham City) que le Tribunal pénal fédéral devra à nouveau se prononcer sur un aspect important de la procédure portant, cette fois, sur des aspects fiscaux. À savoir, autoriser ou non l’Administration fiscale fédérale (AFC) à accéder à des documents saisis en 2017 chez Yves Bouvier et dans diverses sociétés. Le marchand d’art genevois est soupçonné de n’avoir pas déclaré des revenus entre 2005 et 2015.

Les «affaires» liées au marchand d’art Bouvier connaissent également des rebondissements, mais cette fois aux États-Unis. Ils concernent la société de ventes aux enchères Sotheby’s. Mais c’est Yves Bouvier qui serait visé. La semaine dernière, un juge new-yorkais a confirmé que les tribunaux américains étaient compétents pour examiner la demande en dommages et intérêts déposée par deux sociétés de la famille Rybolovlev contre la célèbre maison de ventes aux enchères. L’ex-roi des mines de potasse de l’Oural, aujourd’hui installé à Monaco, accuse cette institution incontournable du monde de l’art d’avoir «aidé et encouragé» l’escroquerie à 1 milliard de dollars dont il s’estime victime de la part d’Yves Bouvier.

Que savait Sotheby’s?

Le magistrat new-yorkais a en outre partiellement rejeté une partie des requêtes de Sotheby’s qui visent depuis plus d’un à maintenir sous scellés les échanges de courriels entre un de ses responsables londoniens et le marchand d’art genevois, lorsque ce dernier était chargé de trouver près d’une quarantaine de toiles de maître pour la collection Rybolovlev, pour un total de plus de 2 milliards de francs.

Aux yeux du Russe, ces conversations – obtenues par ses avocats lors d’une action exploratoire ouverte à New York il y a trois ans – révéleraient la proximité entre Yves Bouvier et la grande maison de vente, qui aurait été parfaitement au courant de ce qu’il considère comme une vaste machination. Selon la plainte déposée aux États-Unis, douze des trente-huit toiles fournies à Dmitri Rybolovlev par le Genevois durant plus d’une décennie avaient au préalable été obtenues via Sotheby’s, ce qui avait permis à la maison d’enchères d’encaisser «des dizaines, peut-être des centaines de millions de commissions».

Saverio Lembo, l’avocat de Sotheby’s qui déploie depuis dix-huit mois des actions à Genève afin de dégager la maison d’enchères de toute responsabilité dans ce conflit sans précédent, se refusait vendredi à commenter cette décision américaine.

Conséquences à Genève

Ces tombereaux de courriels et de documents – dont seule une partie voit sa confidentialité tomber – pourront ensuite être utilisés comme éléments de preuve à Genève, indique le juge new-yorkais. Cette décision est «clairement d’un intérêt pour la procédure pénale en cours ici» car elle permet de passer outre le «blocage jusque-là obtenu par Sotheby’s de toute utilisation judiciaire – et même de toute mention – de ces échanges montrant la connivence et la proximité entre ses responsables et monsieur Bouvier», estime Marc Henzelin, conseiller genevois, avec Sandrine Giroud, du milliardaire russe. Contacté, David Bitton, l’avocat du marchand d’art, rappelle à l’inverse qu’Yves Bouvier n’était pas concerné par ces péripéties américaines visant Sotheby’s – et qu’elles «n’apporteraient rien aux procédures en cours à Genève».

Annuler une procédure

Ce bras de fer new-yorkais n’est pas sans refléter, comme dans un miroir, les efforts que déploie à Monaco – la ville où tout a commencé – l’homme d’affaires genevois pour mettre un terme à cette guérilla qui l’a forcé à mettre en vente l’entreprise familiale Natural LeCoultre.

Les avocats de ce dernier s’appuient en effet sur d’autres communications – des milliers de SMS contenus cette fois dans le téléphone portable de l’ancienne avocate du milliardaire – pour prouver l’influence exercée par Dmitri Rybolovlev sur la justice du Rocher. Et faire ainsi annuler la procédure d’escroquerie à l’origine de l’affaire. Confidences pour confidences.

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