Migros s'allie à une PME «fintech» dans le change

Services financiersMigros Genève entre au capital de B-Sharpe. Elle proposera à ses clients, majoritairement frontaliers, ces services de transfert de devises en ligne.

Le premier bureau Change Migros, ouvert en 1961 au Plaza.

Le premier bureau Change Migros, ouvert en 1961 au Plaza. Image: Société coopérative Migros Genève

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

B-Sharpe, une PME genevoise offrant depuis sept ans un service de virements de fonds internationaux sur internet à prix cassé, a annoncé mardi avoir convaincu la société coopérative Migros Genève de s'allier avec elle et de financer son expansion. La chaîne de supermarchés a pris une participation minoritaire dans la société - son fondateur Jean-Marc Sabet en reste le principal actionnaire - dont elle proposera les services aux clients de ses guichets souhaitant faire des virements en ligne.

Change Migros, spécialité genevoise

C'est la première fois qu'une coopérative régionale Migros - on ne parle pas ici de la banque éponyme du groupe de distribution - entre au capital d'une société de services financiers en ligne, dits «fintech». «Ce partenariat nous évite de devoir passer plusieurs années à développer notre propre service de change en ligne», justifie Didier Eicher, directeur du développement de la Société coopérative Migros Genève.

«Ce partenariat évite de devoir développer notre propre service en ligne»

Ce dernier espère pouvoir par la suite proposer les services de B-Sharpe aux coopératives alémaniques ou tessinoises du groupe. La Migros genevoise est la seule à exploiter un réseau historique d'une dizaine de bureaux de change - ces deux dernières années elle a participé à l'ouverture d'agences similaires à Lausanne-Ouchy et La Chaux-de-Fonds. Un bureau de change a par ailleurs été ouvert par le géant orange il y a quelques jours à Bâle, le seul de Suisse alémanique. Il n'en existe aucun au Tessin, canton pourtant marqué par une intense activité transfrontalière.

Une crédibilité orange

«Cet accord renforce notre crédibilité et notre visibilité; le nom de Migros permettra de rassurer encore davantage nos futurs clients», a expliqué de son côté le patron de B-Sharpe, Jean-Marc Sabet. Employant douze personnes, la société devrait voir ses effectifs passer à une vingtaine de collaborateurs «d'ici l'an prochain».

«Cet accord renforce notre crédibilité et notre visibilité»

La «fintech» genevoise, qui avait à l'origine lancé son service en direction de PME, sert près de 14000 clients et orchestre environ 360 millions de francs de transactions par an, sur près de vingt devises. Les huit dixièmes de son activité restent cependant dédiés à des transferts de francs suisses en euros. À titre de comparaison, Migros Genève, qui domine les trois quarts des opérations de change dans le canton, orchestre environ 1,5 million de transactions par an, avant tout à destination d'une clientèle vivant à cheval sur la frontière.

Concurrence locale

Simple intermédiaire du circuit des paiements, B-Sharpe n'a pas le statut de banque. Elle ne peut donc pas conserver l'argent de ses clients en dépôt ou se développer sur des services, plus complexes, de cartes de paiement multidevises, à l'instar de ceux déployés avec succès par le britannique Revolut. «Nous restons focalisés sur le change en ligne où la concurrence est forte; notre société, jusque-là auto-financée avait besoin d'un partenaire solide pour financer son expansion», justifie Jean-Marc Sabet. Son frère, Charles-Henri Sabet, a fait fortune il y a une douzaine d'années en revendant Synthesis, une banque genevoise spécialisée dans le «trading» en ligne, à Saxo Bank. La concurrence est parfois située à moins d'une centaine de mètres.

Créée en 2016 la société Ibani, a de son côté noué un partenariat avec cette même banque en ligne Saxo, qui héberge ses bureaux. Son fondateur, Arnaud Salomon, travaille en parallèle à la création de MtPelerin.com, une véritable banque basée sur la technologie informatique «blockchain».

Marges rabotées

B-Sharpe permet de faire des virements en francs suisses sur un compte français, via un téléphone mobile, à des conditions souvent inférieures des deux tiers à celles des banques classiques. Les nouvelles règles de la FINMA rendent possible l'identification de ses clients par l'envoi d'un scan de leur pièce d'identité, d'un «selfie» et d'une attestation de résidence.

Lorsque l'argent arrive en France voisine, certaines banques - c'est le cas d'au moins trois d’entre elles - facturent encore autour de vingt euros la réception d'un tel virement, bien qu'il provienne d'un pays appartenant au réseau européen dit «SEPA». «En Espagne, certaines banques ponctionnent même un pourcentage de la somme reçue, il devrait nous être possible d'y remédier en faisant passer les paiements via un IBAN [Ndlr: compte bancaire] européen, probablement dès l'an prochain», esquisse le patron de B-Sharpe.

Depuis trois ans, le site propose à des travailleurs frontaliers temporaires - ou à ceux voulant éviter les frais liés à l'ouverture d'un second compte bancaire en Suisse - de voir leur salaire viré par leur employeur vers B-Sharpe, qui le convertira et le transférera dans la foulée vers la France. Selon la société un quart de sa clientèle, soit plusieurs milliers d’employés, aurait recours à ce service.

Créé: 12.11.2019, 16h58

Articles en relation

Les frontaliers profitent de la guerre du change

Votre argent Internet dessine les services financiers du Grand Genève en laminant le coût du transfert de devises. Plus...

Il casse les prix des opérations de change et de transfert

Devises Au cœur de Genève, un entrepreneur lausannois se profile déjà en concurrent imminent de la fameuse Western Union Bank. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Toujours pas de vert au Conseil fédéral
Plus...